M. Coste

Le célèbre naturaliste dont le nom sympathique était depuis longtemps si universellement populaire, est né en 1807, à Castries, au milieu de ce riche et fécond département de l'Hérault, véritable jardin de la France méridionale, patrie de tant d'hommes célèbres dans tous les genres.

Dès sa plus tendre enfance, M. Coste donna les marques de cette riche et puissante organisation, qui lui permit d'acquérir sans travail apparent, par une sorte d'intuition artistique, les connaissances les plus ardues, les plus précises. Les séductions de cette heureuse nature méridionale lui valurent, au sortir du collège, et pendant qu'il était encore sur les bancs de l'Académie de Montpellier, l'amitié de Delpech. Ce grand médecin lui prouva son attachement en l'associant aux dangers de la glorieuse mission qu'il venait de recevoir lui-même.

Il s'agissait d'étudier sur place, en Angleterre, le choléra, fléau inconnu qui faisait explosion pour la première fois, et qui avant 1834 excitait des terreurs si folles, parfois si sanguinaires.

Admis au retour de ce voyage mémorable au Jardin des Plantes comme préparateur du cours d'anatomie, il ne tarda point à attirer l'attention de Cuvier. Il faisait partie du petit nombre d'amis qui reçurent les derniers soupirs du législateur de la paléontologie française.

M. Coste parvint même à exciter l'intérêt de Blainville, ce savant farouche, inabordable, dont il fut le préparateur et dont il devait être le successeur à l'Académie des sciences.

Deux ans plus tard, il recevait de cette illustre assemblée une médaille d'or, décernée pour un mémoire Sur le développement des êtres organisés, qui devenait bientôt un volumineux ouvrage, perfectionné, généralisé lui-même, et publié de nouveau bien des années plus tard sous le titre de Recherches sur le développement des corps vivants.

Le succès de cette œuvre remarquable, précédée par une introduction d'une rare éloquence, décidait M. Guizot à créer pour M. Coste la chaire d'embryologie comparée au Collège de France.

Ce grand et sérieux travail avait été précédé par de nombreux essais littéraires, même des poésies légères, que l'auteur détruisait comme étant indignes d'un vivant qui se doit tout à la science, mais qui n'en montraient pas moins la souplesse de ses qualités littéraires. Son éloge de du Trochet et son Histoire de l'Épinoche, dont il a si gracieusement peint les mœurs, sont des morceaux d'un grand style, dignes de la plume d'un maître.

Le cours que M. Coste a commencé en 1837 au Collège de France fut la grande affaire de sa vie. Il le continua sans interruption jusqu'en 1873. Pendant trente-six ans il parvint à réunir auprès d'une chaire qui semblait vouée à la solitude, tant le sujet était aride, près d'une centaine d'auditeurs.