A. Wachter.
La chambre su maréchal Bazaine, à Trianon.
Nous n'avons pas à apprendre à nos lecteurs que le procès du maréchal Bazaine va se dérouler dans le vestibule de ce château qui fut si cher au roi Louis-Philippe, le Grand-Trianon. Déjà toutes les dispositions sont prises en conséquence, et le grand vestibule a été aménagé de façon à répondre à toutes les exigences de sa nouvelle et passagère destination.
En dehors de ce prétoire improvisé, dont nous donnerons en temps utile une vue à nos lecteurs, diverses pièces ont été affectées: au greffe, aux témoins à charge et à décharge, aux officiers de gendarmerie chargés du service militaire, aux délibérations du conseil et au logement des personnages que leurs fonctions doivent retenir au Grand-Trianon pendant la durée du procès. Ainsi les témoins à charge occuperont la salle des huissiers, située à gauche du vestibule et donnant sur le jardin, et les témoins à décharge la bibliothèque. Le général Pourcet habitera le pavillon de Madame, composé de cinq pièces. Le pavillon de l'aile droite, placé en face du pavillon de Madame, dans la cour d'honneur, est destiné au duc d'Aumale, qui présidera, comme on sait, le conseil de guerre. Enfin la salle des délibérations sera placée dans le salon de la reine d'Angleterre, et la salle des pas perdus dans le salon rond des huissiers, qui lui fait suite, et qui se trouve à droite du vestibule transformé en prétoire.
Reste le logement du maréchal Bazaine, qui a été extrait la semaine dernière de la maison de l'avenue de Picardie, où il était détenu depuis le 14 mai 1872, époque à laquelle il s'y était constitué prisonnier. Le maréchal a été logé dans l'annexe du château, donnant sur Trianon-sous-Bois. C'est dans l'angle de cette annexe que se trouve sa chambre, dont les fenêtres ouvrent sur le parc. Cette chambre, dont nous donnons une vue dessinée sur place, est carrée et revêtue d'une boiserie peinte en blanc. Le mobilier est des plus modestes. Il se compose d'un lit en acajou plaqué, sans rideaux, d'une armoire placée à la tête du lit, d'une toilette-commode posée entre les deux fenêtres, de quelques chaises d'un âge mûr et d'un guéridon. Une petite pendule en marbre posée sur la cheminée, ainsi que deux chandeliers et deux candélabres à deux branches, complètent l'ameublement.
Deux pièces font suite à cette chambre et sont occupées par les officiers supérieurs chargés de veiller sur la personne du maréchal, qui à Trianon-sous-Bois, comme dans la maison de l'avenue de Picardie, est gardé par un piquet de cinquante hommes de ligne, ayant un poste à proximité de la chambre du prisonnier.
Quant au service du conseil de guerre, au Grand-Trianon, il est fait par la gendarmerie mobile.
L. G.