Parmi les sites curieux et intéressants qui entourent Vienne, au moins sur la droite du Danube, il faut signaler tout particulièrement le bourg et le château de Laxenburg, une des résidences d'été de la cour d'Autriche, dont Schœnbrünn, est comme on sait, durant la belle saison, la résidence favorite.
Laxenburg est situé à seize kilomètres au sud de Vienne. On s'y rend de cette ville par le chemin de fer de Trieste, que l'on quitte à Mœdling pour prendre l'embranchement qui conduit au bourg. Laxenburg doit sa réputation comme son origine à son château, ou plutôt à ses châteaux, car il en possède deux en un; le premier datant de la fin du XIVe siècle et rappelant les temps de l'ancienne chevalerie; le second, bâti par Marie-Thérèse, et auquel on a donné le nom qu'il ne justifie pas tout à fait de château des Caprices, que mériterait mieux le magnifique parc qui l'entoure.
En effet, on marche dans ce parc de surprise en surprise. Les accidents de terrain, les constructions de toutes sortes, temples, maisons rustiques, cabinets de verdure, pavillons; les cascades, les statues, les pièces d'eau, les rochers y ont été prodigués. On y trouve jusqu'à un monument funèbre, la Rittergruft, ou tombe du chevalier, où l'on voit des tableaux de Lucas Cranach et des peintures sur verre tirées de l'église de Steyer.
Parmi les pièces d'eau, la plus remarquable est un lac semé de plusieurs îles, entre autres l'île Marianne, sur laquelle on a construit un élégant Lusthaus; et parmi les constructions, on admire surtout une forteresse moyen âge, le Franzensburg, dont on a fait un musée d'antiquités. Cette forteresse est entièrement entourée d'eau. Un bateau y stationne, à la disposition des visiteurs, qui peuvent moyennant dix kreutzers y prendre place.
Durant son séjour à Vienne, le roi Victor-Emmanuel ne pouvait manquer de venir visiter le château et le parc de Laxenburg. Il s'y est rendu dans l'après-midi du 20 septembre, de Schœnbrünn, avec l'empereur François-Joseph, et s'y est promené avec lui sur le grand lac, tandis qu'une foule de canots montés par des curieux circulaient autour de la barque impériale et qu'une musique établie d'avance dans l'île Marianne faisait retentir l'air de ses morceaux les plus brillants. Cette promenade fait le sujet du dessin que nous publions dans ce numéro.
En se rendant à Laxenburg, le roi d'Italie s'était arrêté à Mœdling qui est, comme je l'ai dit, la tête de l'embranchement qui conduit à la résidence impériale. Il voulait voir la magnifique vallée de la Brühl et ses curiosités, entre autres le Husaren-tempel, élevé par le prince de Liechtenstein à la mémoire des hussards qui l'avaient sauvé à la bataille d'Aspern; les ruines du château de Mœdling et le vieux château Liechtenstein.
L. G.
Prix et envois de Rome
Les règlements de l'Académie de France imposent aux pensionnaires un certain nombre d'obligations, au nombre desquelles la plus importante consiste dans l'envoi annuel d'un ou de plusieurs ouvrages de peinture, de sculpture, de gravure ou d'architecture. Une exposition solennelle de tous ces ouvrages a lieu d'abord sous les portiques de la villa Médici, où toute la Rome artiste vient pendant quelques jours étudier les travaux de nos jeunes compatriotes; ils sont ensuite envoyés à Paris, et exposés publiquement, dans les salles de l'École des beaux-arts; un heureux usage veut qu'on joigne à cette exposition les œuvres qui viennent de remporter les grands prix aux concours de l'année.
Des retards survenus dans l'expédition des caisses qui contenaient les envois de 1873, ont obligé l'administration de l'École des beaux-arts à ajourner l'ouverture de l'exposition jusqu'au moment où la fin des vacances aurait ramené à Paris maîtres et élèves, un peu dispersés depuis deux mois, et ce n'est guère que dans le courant de la semaine prochaine que le public sera admis à juger des progrès de nos pensionnaires.