Nous avons reçu au dernier moment une correspondance des plus complètes et des plus intéressantes sur le combat naval livré dans les eaux de Carthagène par les navires insurgés à l'escadre de l'amiral Lobo. L'heure avancée à laquelle ces renseignements nous sont parvenus ne nous a pas permis de les publier tous aujourd'hui, mais nous avons tenu à reproduire dès à présent un croquis envoyé par notre correspondant sur un fait qui s'est produit postérieurement à l'engagement et que le télégraphe n'avait encore fait connaître qu'imparfaitement: nous voulons parler de l'accident arrivé à un des navires insurgés, le Fernando-Cattolico, qui revenant d'une expédition faite sur la côte, a été coulé bas par la frégate cuirassée Numancia. C'est par suite d'une fausse manœuvre et non intentionnellement, comme on l'avait cru d'abord, que la Numancia a abordé le Fernando-Cattolico; ce dernier navire, construit en bois, a été éventré par le choc de la frégate cuirassée; il a sombré en quelques minutes et tout l'équipage a péri à l'exception de cinq hommes seulement.
Démolition du palais des Tuileries
Depuis trois mois environ, dans la cour du château des Tuileries, circule, au milieu des décombres, une armée d'ouvriers et de soldats du génie.
C'est que depuis trois mois on s'occupe à jeter par terre les deux ailes ajoutées au vieux château élevé par Philibert Delorme: celle du Sud, bâtie par Ducerceau, celle du Nord, bâtie par L. Levau et François Dorbay. Le pavillon de Marsan, donnant sur la rue de Rivoli, a été également abattu pour être reconstruit sur le plan d'après lequel a été réédifié, sur la fin du règne de Napoléon III, le pavillon de Flore, que l'incendie de 1871 a heureusement épargné.
Ainsi dégagé, le château de Philibert Delorme, composé du pavillon de l'horloge et des deux corps de bâtiments qui le flanquent à droite et à gauche, reprendra sa physionomie primitive, car, d'après nos informations, que nous avons lieu de croire exactes, les deux annexes abattues qui le reliaient aux pavillons de Marsan et de Flore seront remplacées par une simple colonnade. Cette heureuse innovation aura le double avantage de rompre la monotonie de la longue ligne des anciens bâtiments, qui rapetissaient les proportions de l'édifice, et d'ouvrir, à droite et à gauche du château, des perspectives de verdure du côté de la place du Carrousel, et d'architecture du côté du jardin.
Tous les amis de l'art ne peuvent manquer de battre des mains à cette transformation.
Le nouveau théâtre de la Porte-Saint-Martin
Le dessin que nous donnons dans ce numéro nous dispense de décrire longuement la façade du nouveau théâtre, qui est d'ailleurs aussi simple qu'élégante. Elle est percée au rez-de-chaussée de cinq portes, dont trois au centre donnent accès dans le vestibule. Quatre cariatides séparent ces trois ouvertures et supportent un balcon de peu de saillie sur lequel ouvrent trois baies, dont une porte-fenêtre avec attique, qu'encadre un cintre dont la clef est un masque tragique.
L'entrée du théâtre est facile.
Seuls, les locataires des premières places pénètrent par le boulevard, la direction ayant, pour éviter l'encombrement, installé rue de Bondy la queue des petites places, et le bureau de distribution des billets pour le parterre et pour les galeries et loges supérieures auxquelles conduit un escalier spécial. Une fois dans le vestibule, un très-bel escalier mène au premier étage, où se trouve le foyer, un peu petit, assez richement décoré et ayant vue sur le boulevard.