La salle, blanc et or, est assez vaste. Sa profondeur est de 18 mètres, sa largeur de 23, la hauteur de sa coupole de 20. MM. Lavastre et Desplechin ont peint le plafond. Le lustre, très-grand, produit le plus bel effet de lumière. On compte dans cette salle environ 300 fauteuils d'orchestre et autant de places de stalles et de parterre. Les loges de face, au nombre de vingt, contiennent chacune cinq places. Quant au balcon, disons qu'il avance trop sur l'orchestre, masquant de beaucoup de points la vue des loges et reléguant les baignoires dans une ombre formidable. Ce sera la seule critique que nous adresserons au nouveau théâtre, qui est l'œuvre très-recommandable d'un architecte de talent, M. de la Chardonnière.

L'armurier

Ce tableau que nous reproduisons représente l'intérieur d'un armurier au XVIIe siècle.

L'armurier, qu'à son type il est facile de reconnaître pour un juif, est assis en habit de travail devant son établi, et tient en main une épée, qu'il examine d'un air attentif et connaisseur. Le client attend, assis lui-même, en face du vieux maître, sur le bord d'un bahut. C'est un jeune officier des mousquetaires du roi ou du cardinal, qui attache évidemment la plus grande importance au résultat de cet examen, car il en suit la marche avec un intérêt évident. Il va sans doute prochainement entrer en campagne, ou il a sur les bras quelque affaire d'honneur qu'il va lui falloir tout à l'heure régler.

L'atelier est encombré de tout le harnais de guerre du temps.

Cuirasses, brassards, cuissards, gorgerins, gantelets, baudriers richement brodés, larges chapeaux ornés de longues plumes, épées, poignards, arbalètes, sont suspendus aux murs, encombrent les sièges ou reposent pêle-mêle sur le plancher. Brillant fouillis plein de couleur et de style, qu'on regarde avec plaisir et qui témoigne de la science archéologique du peintre.

M. Jacomin est l'auteur de cette intéressante composition, qui fait partie de la collection photographique Hermann.

BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE

Les Écoles sous l'Empire et la Restauration, par M. L. Henri (1 vol. in-18, Ernest Leroux.)--L auteur dédie à la jeunesse française et aux étudiants de Paris cette histoire des écoles qui commence en 1814, au moment où les polytechniciens et les élèves d'Alfort défendent, sous Paris, la liberté de la patrie, et qui finit en 1830, à l'heure où George Farcy tombe pour la liberté publique et où le futur colonel Charras combat avec l'ardeur de ses vingt ans. Ce livre est tout d'actualité, comme on dit. Il est brûlant de patriotisme. C'est un chapitre excellent de l'histoire du parti libéral. Il montre que les gouvernements sont peu stables qui ont contre eux cette irrésistible force, cette légion sacrée, la jeunesse.

Les Dolmens d'Afrique, par le général Faidherbe (1 broch. E. Leroux).--On n'a pas oublié le congrès anthropologique qui se tint à Bruxelles. Lorsqu'il en vint à étudier cette lointaine époque, ce qu'on appelle l'âge de la pierre polie, le secrétaire général du congrès demanda à M. le général Faidherbe de faire une communication sur les dolmens, «monuments qu'on rattache généralement à cet âge». Le général Faidherbe ne pouvait, dit-il, fournir des observations que sur les dolmens d'Afrique, qu'il a particulièrement étudiés, mais il pense que la question des dolmens est une.