M. Chesnelong a ajouté que l'intention des députés monarchistes était de bien préciser dans l'acte qui rétablirait la monarchie quel serait le caractère de cette monarchie, qu'il importait de répondre à des préoccupations assurément étrangères à ceux qui connaissent l'esprit libéral du roi et qui avaient lu les déclarations si importantes contenues depuis 1836 dans sa correspondance, mais que des calomnies n'en étaient pas moins colportées, et qu'il convenait d'insérer dans l'acte même par lequel la monarchie serait rétablie, les principes fondamentaux de notre droit publie, afin d'indiquer que pour l'avenir on entendait les lever en dehors de toute contestation.

M. Chesnelong a indiqué chacun de ces principes, formulés dans les propositions dont M. le président a donné lecture et auxquelles le centre droit vient de donner son approbation; il tient à dire qu'aucune objection n'a été formulée par M. le comte de Chambord, ni sur le mode de procéder, ni sur l'insertion de ces divers points, ni sur aucun point en particulier.

L'accord était donc complet, absolu, entre les idées de M. le comte de Chambord et celles de la France libérale.

Restait la question du drapeau, qui a donné lieu à deux conférences dont M. Chesnelong retrace les détails en citant autant que possible les paroles mêmes de M. le comte de Chambord.

M. le comte de Chambord aurait dit notamment «qu'il n'avait l'intention d'offenser ni son pays ni le drapeau de son pays; qu'il n'était étranger ni aux gloires que la France avait acquises sous ce drapeau, ni aux douleurs qu'elle avait subies; que puisque le drapeau tricolore était le drapeau légal, si les troupes devaient le saluer à son entrée en France, il saluerait lui-même le drapeau teint du sang de nos soldats.»

M. le comte de Chambord aurait ajouté qu'il proposerait au pays, par l'entremise de ses représentants, une transaction compatible avec son honneur et qu'il croyait de nature à satisfaire à la fois l'Assemblée et le pays.

C'est à la suite de ces conférences que les délégués de la droite présents à Salzbourg ont déclaré à M. Chesnelong qu'ils adhéraient en leur nom et au nom de leurs amis à la rédaction préalablement arrêtée par la commission des Neuf, et aux termes de laquelle le drapeau tricolore était maintenu.

Le compte rendu de l'honorable M. Chesnelong, plusieurs fois interrompu par d'unanimes applaudissements, s'est terminé au milieu des marques d'assentiment de toute l'Assemblée.

Tandis que le centre droit était réuni, le groupe parlementaire connu sous le nom de Réunion des Réservoirs tenait séance sous la présidence de M. de Larcy, qui donnait à l'Assemblée connaissance des projets de résolutions résumés plus haut et qui obtenaient une approbation unanime.

A la fin de la séance, le bureau du centre droit, sous la présidence de M. le duc d'Audiffret-Pasquier, est venu communiquer à la droite le résultat de ses délibérations. L'accord le plus cordial entre les deux réunions s'est manifesté sur tous les points par les applaudissements qui ont accueilli les paroles de leurs deux présidents.