«Et il mit le feu à la grange dans la pensée de le faire brûler. Mais en sortant, au moment de fermer la porte, comme il fouillait dans sa poche pour y prendre la clef, il y trouva le farfadet qui riait aux éclats.

«--Ah! ah! ah! mon maître! Que je le remercie de m'avoir rendu la liberté!

«De désespoir, Truphème le paysan s'est noyé dans son puits.

«Voilà ce que c'est que de mal choisir ou de trop bien choisir, quand on va à la foire de Leipzig pour y acheter un farfadet.»

Mme Urbain Rattazzi est en ce moment à Rome, où elle passera, dit-on, les premiers mois de l'hiver.--A ce sujet hâtons-nous de fermer une blessure que nous avons involontairement faite.

Il y a un mois, dans un de nos Courriers, nous avons parlé d'une fête que la princesse aurait donnée, lors de son passage à Paris, un souper, un concert. Rien de tout cela. On nous avait mal renseigné. En revenant d'Italie, Mme Urbain Rattazzi n'a reçu dans son hôtel qu'un petit nombre d'amis et avec toute la décence et tout le recueillement qu'impose aux personnes bien nées un veuvage de date récente. La princesse sait trop ce qu'elle doit à la mémoire de l'homme d'État dont elle porte le nom pour laisser effacer ses souvenirs par les éclats de la vie mondaine.

Un petit homme, la barbe grise, du feu dans les yeux, une fleur à la boutonnière, le chapeau sur l'oreille, de l'entrain, de la gaieté, un grand et profond amour de l'art, tel est Gustave Mathieu. J'aurais pu parler de lui, il n'y a qu'un instant, à propos des faiseurs d'almanachs. Il a fait de ces petits livres, en effet; son nom paraissait l'y obliger.

Dans ce pays trois Mathieu sont fournis.

Comme aurait pu le dire Voltaire en rajeunissant son vers sur Gentil Bernard: Mathieu Laënsberg, Mathieu (de la Drôme), Mathieu (de la Nièvre), trois noms d'almanach, tous fort populaires. Mais, quant à ce qui est du troisième, il y aura une auréole de plus. Ce Gustave Mathieu est un vrai poète; il tient à la main une lyre d'ivoire et d'airain des plus sonores. Voilà, tout compte fait, vingt-cinq ans qu'on connaît ses chants d'amour, de bataille et d'art. Celui des typographes de France qui a le plus de renom pour les belles œuvres, Louis Perrin, de Lyon, vient de réunir en faisceau les poèmes et les idylles de cet autre Robert Burns et, sous ce titre: Parfums, Chants et Couleurs, il en a fait une édition de luxe, la coqueluche des bibliophiles. Cela est conçu dans le format in-4º, sur papier de Hollande, avec le caractère italique des Aldes, bref, un trésor. Un poète populaire qui ne peut être acheté que par des bourses aristocratiques!

Non loin du pays de Gascogne,