De 1829 à 1863, il a gravé pour tous les ouvrages de luxe édités par Curmer, Hetzel, Renouard, Furne, Hachette, Paulin, etc.; il fut le collaborateur de presque tous les artistes contemporains: Chenavard, Granville, Meissonier, Dauzats, Decamps, Fragonard, Johannot, Raffet, Devéria, Gavarni, G. Doré, etc. Enfin son œuvre de graveur se monte à plus de trois mille pièces.
Tel est l'artiste auquel ses concitoyens et ses élèves reconnaissants ont érigé un monument dont l'exécution a été confiée à M. Adeline, architecte, et à M. Louis Auvray, statuaire. La gravure que nous donnons de ce monument est dessinée d'après une photographie de M. Courtin, bibliothécaire et conservateur du musée de Neufchâtel (Seine-Inférieure).
Fauvez.
Mlle ANNA BELOCCA.
Mlle BELOCCA
Tout réussit à la jeunesse: Voici une jeune fille de dix-huit ans, née dans une excellente famille russe. Son père était conseiller à la Cour de Saint-Pétersbourg. Sa profession l'entraîne vers le théâtre; inconsciente de sa propre valeur, ignorante des difficultés qui entourent la vie d'artiste, elle s'engage résolument, sans regarder derrière elle dans cette carrière dramatique, sur cette scène italienne de Paris, dont s'effrayent les plus accoutumés au succès. Elle cherche un maître dans M. Strakosch et après un an d'études elle aborde courageusement, après la Patti, ce rôle de la Rosine du Barbier de Séville. Et voyez la fortune réservée à ces audaces de la vingtième année! Mlle Belocca conquiert en une soirée la situation d'une artiste que le public aurait depuis longtemps applaudie. C'est que Mlle Belocca a pour elle ce charme qui fait les succès instantanés. Elle est jeune, elle est jolie. Sa voix de mezzo, soprano joue dans un registre sonore et partout égal; elle a cette grâce, cette fleur de la jeunesse qui séduit et fait pardonner quelques hésitations du talent qui se forme. Elle se prête à tous les styles: aux langueurs des chansons russes, aux caractères de la Rosine, au Brindisi de Maffio Orsini et à l'esprit des chansons françaises que Mlle Belocca a intercalées dans la leçon de chant et que le public du Théâtre-Italien a chaleureusement applaudies en affirmant l'avenir de la jeune artiste, qui, avec une rare modestie, semble seule encore douter d'elle-même.
M. Savigny.
Buste du sculpteur Brevière, récemment inauguré a Forges-les-Bains.