Et voilà comment M. Z... a commencé la série de ses quarante millions.
Il n'est bruit dans le monde littéraire que des lettres posthumes de Prosper Mérimée, lesquelles vont paraître très-prochainement. On est déjà fort occupé à lire la dernière œuvre de l'incomparable conteur: Dernières nouvelles. Quant à la correspondance en question, elle abonde, paraît-il, en révélations piquantes et inattendues. On y apprend, par exemple, que, dès l'année 1864, l'auteur de Colomba avait épousé, en secret, la comtesse de Montijo, mère de l'impératrice Eugénie. A la vérité, on soupçonnait depuis longtemps le fait. Trois lettres l'établissent formellement. Tout cela fait d'autant mieux comprendre ce qu'on lit sur le manuscrit de la Chambre bleue, ce conte à la Boccace qui nous vient par les Papier trouvés aux Tuileries. Je veux parler de cette signature curieuse: Le fou de l'impératrice, Prosper Mérimée.
A l'adresse des peintres de notre temps.
Un travers, une faiblesse de ces artistes consiste à ne vouloir être critiqués que par ceux qui se connaissent expressément en peinture. La chose date de loin, dira-t-on, puisqu'il en est déjà question dans la biographie d'Apelle. Mais de nos jours elle a réellement pris trop d'importance.--Voici un trait, tout récent, qui démontre combien ce préjugé des peintres est peu fondé. Le premier venu peut juger un tableau et le bien juger.
Dimanche dernier, en parcourant les galeries du Louvre, X... se trouvait derrière un groupe de gens de maison, domestiques de tout calibre émerveillés à l'aspect de tant de belles toiles.
Le tableau de Drolling père, Un intérieur de cuisine y fixa longtemps les regards des visiteurs en livrée.
--Quelles marmites à donner envie de tâter au pot-au-feu!
--Quelles belles casseroles bien étamées et bien reluisantes!
--Voilà des carottes comme il n'y en a pas sur la table d'un roi!
--C'est fâcheux, observa une chambrière: le manche de ce balai est trop long et trop gros; on ne pourrait s'en servir.