No hay remedio en la botica.

Devise qui le plus souvent employée, a valu à certains navajas le nom lugubrement plaisant de navajas de santolio, couteaux de l'extrême-onction.

Mais il est temps de nous arrêter. Quelques-uns des détails que l'on vient de lire et qui expliquent les dessins que nous donnons, ont été par nous empruntés au magnifique ouvrage que vient de publier la librairie Hachette: l'Espagne, par le baron Ch. Daviller. C'est un splendide volume in-4º de 800 pages, très-intéressant, très-bien écrit, et illustré de 300 gravures dessinées sur bois par M. Gustave Doré.

L. C.

L'Insurrection de Cuba(5)

Note 5: Les deux gravures qui accompagnent cet article sont extraites du Tour du Monde, nouveau journal des voyages, publié par la maison Hachette et Cie.

Dans l'histoire de la semaine nous disons où en est l'affaire du Virginius, qui est venue si inopinément compliquer, vis-à-vis des États-Unis d'Amérique, la situation déjà si critique de la malheureuse Espagne. Nous n'avons pas à y revenir ici. On sait qu'à la première nouvelle de l'exécution des flibustiers américains, il y eut comme une explosion d'indignation aux États-Unis. On ne parlait que d'armer et d'entrer en campagne sur l'heure.

Cette indignation était-elle bien réelle? J'en doute.

On sait que depuis longtemps les États-Unis convoitent la possession de l'île de Cuba; et, si les richesses et la merveilleuse situation de la perle des Antilles n'excusent pas ces convoitises, au moins les expliquent-elles. La fertilité de l'île de Cuba est très-grande en effet, sa végétation magnifique. On y trouve de vastes forêts de palmiers, de cèdres, de cocotiers, de chênes, de pins; on y cultive la canne à sucre, le tabac, le caféier, le cotonnier, l'indigotier, le riz, le maïs, qui sont pour le planteur une source intarissable de richesses, et rien n'égale la beauté de son port de la Havane que défendent de vastes fortifications. Les vues que nous donnons de ce port et de l'intérieur de l'île prouveront au lecteur que nous n'exagérons en rien.

Cuba forme, avec les autres Antilles espagnoles, un gouvernement dont la Havane est le chef-lieu. Civilement, elle est divisée en deux provinces: la Havane et Santiago; militairement, en trois départements: l'Est, le Centre, et l'Ouest; financièrement en trois intendances: la Havane, Puerto-Principe et Santiago; au point de vue maritime enfin, en cinq provinces: La Havane, Trinitad, Remedios, Nuevitas et Santiago. Elle renferme une population de 1,449,462 habitants, dont 564,698 blancs, 16,176 hommes libres de couleur et 662,087 esclaves qui seront libérés après la pacification de l'île d'après la loi récemment votée par les cortès espagnoles. En attendant l'esclavage y règne toujours, et bien que la traite soit interdite, plusieurs milliers d'esclaves y sont encore introduits chaque année. La révolte de ces esclaves l'a ensanglantée plusieurs fois dans le cours de ce siècle et l'ensanglante encore aujourd'hui. Espérons que c'est pour la dernière fois et que ces révoltes cesseront avec la cause qui les a fait naître.