Le Message constate ensuite l'amélioration du commerce étranger, qui aidera à la reprise des payements en espèces.

A propos du Virginius, le Message dit que la capture en pleine mer d'un bâtiment portant pavillon américain menaçait d'avoir de plus sérieuses conséquences, et qu'elle a agité l'opinion publique dans toute l'Amérique.

Plusieurs passagers qui étaient citoyens américains ont été fusillés sans procédure régulière. Selon le principe établi, les bâtiments américains en pleine mer et en temps de paix sont, sous la juridiction de leur pays.

Toute vexation subie de la part des étrangers est un attentat à la souveraineté des Etats-Unis, qui, se basant sur ce principe, ont demandé à l'Espagne de rendre le Virginius et les survivants de l'équipage, de faire réparation au drapeau américain et de punir les autorités coupables.

Le Virginius avait des papiers en règle et le pavillon américain.

L'Espagne a tout accordé.

Le Message déclare, en terminant, que l'esclavage est la cause du malheureux état de Cuba. Il demande au Congrès d'exprimer le vœu que l'esclavage disparaisse de Cuba, car c'est le seul moyen de rendre possibles les bonnes relations entre l'Amérique et Cuba. Le gouvernement américain n'est pas hostile à l'Espagne, mais l'affaire du Virginius a produit une indignation telle, que le Président a dû placer la marine sur le pied de guerre.

Cette affaire est présentement en voie d'arrangement satisfaisant et honorable pour les deux pays.

Le Message constate que les relations de l'Amérique avec les autres pays sont amicales. L'indemnité de l'affaire de l'Alabama a été appliquée au rachat des obligations 5.20 jusqu'à concurrence de 15 millions 500,000 dollars.

Le Président reconnaît les éminents services rendus par les commissaires du tribunal de Genève. Il recommande la création d'une Cour spéciale composée de trois juges, pour entendre les plaintes des puissances étrangères contre les Etats-Unis. Le Président rappelle qu'il a reconnu le gouvernement espagnol et le félicite d'avoir émancipé les esclaves de Porto-Rico et restitué les propriétés américaines séquestrées à Cuba. L'esclavage règne encore à Cuba, protégé par un parti puissant, en hostilité ouverte contre le gouvernement de Madrid et plus dangereux que les insurgés. Dans l'intérêt de l'humanité, l'influence de ce parti doit être détruite.