«Paris, 5 mars 1849,

«D'une maison de la rue des Bons-Enfants.

«Sur la mort d'un parapluie,

«Ayant, dis-tu, besoin d'un autographe de moi, ton ancien camarade de collège, tu me demandes de t'écrire une lettre. Une lettre! Il faut qu'elle ait l'air d'être sérieuse et qu'elle ne le soit pas pour tout de bon. Pour que! motif, sur quel thème aurai-je à faire ainsi une page ou deux? Je n'en sais absolument rien. Je suis comme un homme que la patrouille conduirait au violon parce qu'un autre aurait cassé un carreau de vitre au cabaret.

«Tu me dis:--Aie recours à quelque truc d'imagination.

«Soit.

«Eh bien, je me fais auteur en ta présence, puisque tu m'as mis un couteau à découper sous la gorge; j'imagine, j'invente, je suppose; je fais œuvre de pœte.

«Prenons que je suis un bon bourgeois et que j'aie perdu mon parapluie; c'est à toi que je m'adresse pour savoir si c'est un parapluie mort ou encore en vie.

«Je te dis donc en propres termes, sur le ton d'un confident du Théâtre-Français.

«Cher monsieur, il vient de m'arriver le plus grand des malheurs: j'ai perdu mon parapluie.