--Qu'est-ce donc?

--Eh! pardieu, un fauteuil.

En effet, il y a trois fauteuils à donner en janvier et seize candidats qui demandent à les avoir; et tous les seize, suivant l'usage immémorial, sont individuellement le premier moutardier du pape, ou, si vous voulez, un homme du bois dont on fait les dieux. Ces dignes académiciens voudraient bien se sauver quelque part, mais leur grandeur et les jetons de présence les retiennent au quai Conti.

Il n'y a pas fort longtemps, dans cette divine baraque au palais Mazarin, il y avait un des Quarante qui n'entendait pas raillerie à propos d'argent à donner. C'était Lemontey, l'auteur de l'Histoire de la Régence.

Un certain jour de l'an, un des garçons de l'Institut vint voir l'historien; il le salua, la casquette à terre, et tendit la main.

Lemontey lui donna une pièce de dix sous.

--Comment! rien que ça? dit le garçon en grommelant entre ses dents.

--Hein! qu'est-ce que c'est? riposta l'immortel furieux. Cinquante centimes, un demi-franc, ce n'est rien? Eh! malheureux, c'est la quatre cent millième partie de deux cent mille francs, par conséquent de dix mille livres de rente. Eh! je voudrais bien être garçon de l'Institut pour en recevoir autant, moi!

P.-J. Proudhon comprenait les étrennes d'une autre façon.

L'année qui a précédé la mort du célèbre dialecticien, M. E. Dentu, son éditeur et son voisin, se présenta chez lui le matin du jour de l'an.