Mais, en revanche, il n'est que juste de porter à l'actif du conseil municipal une décision qui sera très généralement approuvée. La majorité a réduit de 146,000 francs à 20,000 le crédit affecté aux bataillons scolaires. C'est leur suppression à brève échéance, car ce crédit de 20,000 fr. ne peut servir qu'à couvrir les frais de liquidation de cette fâcheuse institution. Elle disparaîtra sans laisser de vifs regrets, même parmi ceux qui l'ont inventée, ou patronnée au début.

Amérique du Nord. La récolte des Sioux.--Les Indiens poursuivent la lutte avec cet acharnement et ce mépris de la vie dont l'Illustration a donné une idée dans un de ses derniers numéros, en montrant les épreuves terribles par lesquelles consentent à passer ceux d'entre eux qui veulent acquérir le titre de guerrier. La guerre à laquelle ils se livrent sera d'autant plus meurtrière qu'elle ne répond en rien aux règles que se sont imposées les peuples civilisés. Les Indiens se postent sur un point, attendent au passage les troupes fédérales ou les attirent dans une embuscade, et, après avoir dirigé sur l'ennemi un feu bien nourri, n'hésitent pas à se retirer dans des régions à peu près inaccessibles.

C'est un combat de ce genre qui a eu lieu la semaine dernière. Un courrier arrivé à Omaka avait apporté la nouvelle que les Indiens avaient entouré et incendié la mission de Clay Creek, ou se trouvaient des prêtres, des religieuses et plusieurs centaines d'enfants. Un régiment de cavalerie, envoyé immédiatement sur les lieux, a trouvé l'école en feu; la mission, qui est à une certaine distance de l'école, n'était pas encore atteinte.

La cavalerie a failli être enveloppée par les Indiens, dont la plupart se tenaient en embuscade, tandis que cinq ou six cents d'entre eux occupaient l'attention des soldats. Au moment où l'enveloppement était presque complet, un autre régiment de cavalerie est arrivé et a pu disperser les révoltés qui ont pris la fuite dans toutes les directions. Les troupes ont dû rentrer à Pine Ridge, sans avoir, en somme, obtenu de résultats sérieux.

Aussi le général qui commande l'expédition a-t-il été obligé d'adopter un plan dont l'exécution demandera un certain temps. Il se propose d'organiser un mouvement combiné, grâce auquel il pourra entourer complètement le camp principal des Peaux-Rouges et les mettre dans la nécessité de se soumettre en les réduisant par la famine.

Déjà les Indiens souffrent terriblement de la faim, et aussi du froid. Les expéditions qu'ils entreprennent de temps à autre ont moins pour but de rencontrer les troupes fédérales que de piller les fermes afin de s'y approvisionner de bétail et de chevaux; en présence des difficultés, chaque jour plus grandes, qu'ils rencontrent, quelques-uns ont déjà été amenés à faire leur soumission, car tous ne sont pas des guerriers et il y a là des vieillards, des femmes, des enfants, qui cèdent aux souffrances qui leur sont imposées. Les guerriers eux-mêmes, d'ailleurs, eux qui ne craignent ni le fer ni le feu, résisteront-ils à la faim?

La pêche dans la mer de Behring.--On a vu dernièrement, par le message du président des États-Unis, que la question de la pêche dans la mer de Behring était loin d'être résolue. Les négociations avec le gouvernement anglais continuent, mais sans amener des résultats appréciables, et la prochaine campagne va commencer sans qu'une solution soit intervenue.

Or, on affirme que les armateurs anglais qui pratiquent cette pêche arment leur flottille, mais en prenant la précaution dangereuse d'embarquer sur leurs navires des armes et des munitions, de façon à permettre aux équipages de répondre par la force, s'ils étaient inquiétés dans l'exercice de ce qu'ils considèrent comme leur droit. Il y a donc à prévoir des conflits sérieux, si, comme on l'assure d'autre part, le gouvernement des États-Unis est décidé à la résistance.

Chine: les réceptions diplomatiques. --Les mœurs de la Chine subissent peu à peu une transformation qui permet de croire que, dans un avenir, encore assez éloigné il est vrai, ce pays rentrera dans la loi commune qui règle les rapports qu'ont entre eux tous les peuples civilisés. Evidemment le grand empire d'Extrême-Orient reste encore fermé à l'étranger, mais petit à petit les points de contact s'établissent et par la force des choses la règle d'État en vertu de laquelle les étrangers sont tenus à l'écart devient moins absolue.

A ce point de vue il convient de signaler le décret que vient de rendre l'empereur pour établir d'une façon définitive dans quelles conditions doivent avoir lieu les réceptions accordées au corps diplomatique. L'empereur dit notamment: