«....Conformément aux précédents créés par S. M. l'empereur Tung-Tchen et désireux de montrer notre empressement à l'égard des puissances, nous voulons augmenter le nombre de nos réceptions. Nous décrétons donc qu'une réception en l'honneur des ministres et chargés d'affaires étrangers aura lieu dans le courant de la première lune de l'année prochaine et que le Tsong-Li-Yamen prendra d'avance les ordres nécessaires pour fixer le jour de cette réception. Le lendemain un banquet sera offert au corps diplomatique. Cette cérémonie sera répétée tous les ans à la même époque. De plus, à chacune des fêtes d'État qui doivent être des occasions de réjouissances pour tous, le Tsong-Li-Yamen recevra des ordres à l'effet d'offrir un banquet au corps diplomatique.

«Ces dispositions montrent que nous avons le plus sincère désir d'entretenir et d'affermir continuellement nos bonnes relations avec les pays amis.»

Sans exagérer la portée de ce document, il est permis de remarquer le ton de courtoisie et même de cordialité dans lequel il est écrit. A ce point de vue il a une signification qui méritait d'être notée au passage.

La pêche des moules.--On sait que la pêche et le commerce des moules étaient interdits pendant plusieurs mois de l'année. D'une part, on espérait ainsi aider à la reproduction de ces mollusques; d'autre part on estimait qu'il y avait danger pour la santé publique à permettre le commerce des moules à l'époque du frai.

L'administration vient de lever ces interdictions et dorénavant on pourra pratiquer toute l'année la pêche des moules, à pied et en bateau, sur les moulières dont le préfet maritime ou le chef de service de la marine aura autorisé l'exploitation.

Ce décret est intéressant à mentionner, en ce qu'il tend à détruire un préjugé très répandu, comme on en jugera par le passage suivant du rapport adressé à ce sujet au président de la République par le ministre de la marine.

«Quant à la toxicité des moules pendant le frai, elle méritait de retenir l'attention et je ne me suis décidé à écarter ce second motif par lequel se défendait subsidiairement le régime des décrets de 1853 et 1859 qu'après avoir eu recours aux lumières des savants les plus autorisés. Le comité consultatif des pêches maritimes, dans un rapport publié au Journal officiel du 26 mai 1889, a démontré que les accidents causés par l'ingestion des moules sont excessivement rares et qu'ils ne se produisent que lorsque ces mollusques ont séjourné dans les eaux stagnantes ou souillées des ports, mais qu'il n'y a aucune corrélation à établir entre l'époque du frai et la nocivité de ces coquillages. Le comité consultatif d'hygiène publique, consulté à son tour sur cette question, l'a résolue dans un sens absolument identique, à la date du 10 mars dernier.

Nécrologie.--M. A. Peyrat, sénateur.

Le vice-amiral Aube, ancien ministre de la marine.

M. Charles Sanson, ancien commissaire-général de la section tunisienne à l'Exposition universelle.