La diète (Riksdag) se réunit tous les ans, en session ordinaire, le 15 janvier; elle peut être convoquée en session extraordinaire par le roi, ou en cas de décès, de maladie ou d'absence du roi, par le conseil d'État.

Le roi a aussi le droit de dissolution, soit des deux Chambres simultanément, soit séparément de l'une d'elles, pendant les sessions ordinaires; il dissout les sessions extraordinaires lorsqu'il le juge convenable.

L'ouverture de la Diète a lieu, après un service religieux, par un discours du roi ou d'un ministre, en séance solennelle des Chambres réunies, et la clôture des sessions est aussi prononcée par le roi, après un service religieux, en séance solennelle. Le président (talman) et le vice-président (vice talman) sont nommés par le roi, et choisis, pour chaque Chambre, parmi les membres qui la composent.

La Diète partage le droit d'initiative et le pouvoir législatif avec le roi: le consentement du Synode est nécessaire pour les lois ecclésiastiques, mais les deux Chambres ont seules le droit d'établir le budget. Lorsqu'un dissentiment se produit à l'occasion du budget, on additionne les voix de tous les membres des deux Chambres, et un bulletin mis à part, lors du vote dans la «deuxième» Chambre, détermine la majorité en cas de partage. On évite ainsi les situations tendues et les crises; mais naturellement la deuxième Chambre, qui a l'avantage du nombre sur la première, reste souvent victorieuse et impose les décisions dictées par son esprit économique, ce qui fait qu'elle détourne d'elle la bourgeoisie et l'aristocratie, qui ne savent pas toujours combien le paysan suédois a de peine à gagner son pain.

Nous avons dit plus haut que les membres de la première Chambre étaient élus par les conseils provinciaux et les conseillers municipaux des villes ayant au moins 25,000 âmes. Chaque fois qu'il y a une vacance, ou que le roi ordonne de nouvelles élections, les conseils provinciaux ou communaux se réunissent en session extraordinaire, et chaque conseil provincial ou communal élit un député à raison de 30,000 habitants compris dans son territoire.

Pour être éligible à la première Chambre, il faut avoir trente-cinq ans, justifier d'avoir payé à l'État depuis trois ans un cens d'au moins 1,100 francs, et appartenir à la religion luthérienne.

Quant à la seconde Chambre, est électeur tout Suédois âgé de vingt-cinq ans, domicilié dans la commune et ayant droit de vote dans les affaires générales. Il doit, en outre, remplir l'une des trois conditions suivantes: 1° avoir la propriété ou l'usufruit d'un immeuble, évalué pour l'assiette de l'impôt au moins à 1,000 couronnes (1,380 fr.); 2° avoir à ferme pour la vie, ou pour vingt ans au moins, un immeuble agricole évalué à 6,000 couronnes (8,280 fr.); 3° payer à l'État un impôt calculé sur le revenu annuel d'au moins 800 couronnes (1,104 fr.).

Est éligible tout Suédois luthérien jouissant, depuis un an, de ses droits d'électeur dans l'une des communes de sa circonscription électorale.

Ainsi constitué, le Riksdag est un parlement calme. Il s'y passe rarement de ces scènes tumultueuses, de ces discussions qui ont un grand retentissement hors du pays. Les comptes-rendus des séances ont rarement un grand intérêt.

La deuxième Chambre actuelle a été élue en 1888, et diffère notablement de celle à laquelle elle succède. La grande question de la protection des blés suédois a fait tomber beaucoup de libre-échangistes dans les provinces. Cette protection de l'agriculture nationale a une majorité dans la première Chambre, mais elle ne l'aurait certainement pas dans la deuxième Chambre et dans les votes communs, si un incident très singulier n'avait pas fait remplacer les 21 libre-échangistes nommés à Stockholm par 21 protectionnistes. Voici comment les choses se sont passées, car le fait est curieux à connaître, au point de vue des règles électorales de la Suède. Un des 21 libre-échangistes élus par la capitale avait oublié de payer son impôt, une vingtaine de francs environ, et, par cet oubli, non seulement son élection devenait illégale, mais encore celle de ses vingt autres collègues; d'un autre côté, on ne pouvait pas faire de nouvelles élections, de sorte que ce furent ceux qui avaient obtenu le plus de voix après les membres invalidés qui devinrent à leur tour députés. Le parlement fut ainsi privé de plusieurs hommes très distingués, notamment M. Nordenskiœld, le grand voyageur, le rédacteur Hedin, qui est incontestablement le premier orateur politique, etc. En revanche, on a reçu M. de Laval, dont les inventions agricoles sont fort estimées.