La deuxième Chambre compte parmi ses membres un grand nombre de paysans dont le doyen et le chef était M. Ifvarson qui vient de mourir; depuis quelques années il occupait le poste de vice-président.
Parmi les membres de la première Chambre, il convient de citer d'abord le baron Louis de Geer, qui fut président du conseil, ainsi que les comtes Posse et Themptander, M. Lundberg, archevêque de Suède, et les rédacteurs MM. Hedlund et Borg.
Le ministère actuel est protectionniste, sans l'être toutefois d'une façon agressive. On l'appelle le ministère des barons, parce que, sur les dix ministres dont il se compose, six sont barons ou comtes.
Le président du conseil actuel est M. le baron Johan Gustaf Nils Samuel Aakerhjelm, grand'croix de tous les ordres suédois, grand'croix de Saint-Olaf, etc., né en 1833. Il est très protectionniste. Il a eu d'abord l'intention de cumuler les fonctions de président du conseil et de ministre des affaires étrangères; mais devant les nombreuses protestations qui se sont élevées il a dû y renoncer, et c'est M. le comte Lewenhaupt, ancien envoyé des Royaumes-Unis à Paris, qui a hérité de son portefeuille.
M. Lewenhaupt, ministre des affaires étrangères, est né en 1835. Comme tous ses prédécesseurs, il a été, au cours de sa carrière diplomatique, un excellent chef de bureau, un expéditionnaire habile. Mais ce qui suffisait autrefois n'est plus suffisant aujourd'hui, quoique un de ses chefs ait dit de lui: «Un diplomate qui se tait, et lève seulement les épaules, c'est du pur Metternich!» Est-ce à cela qu'il a dû d'être attaché d'ambassade à Paris, puis envoyé à Washington de 1876 à 1884? Pendant l'Exposition de 1889, il était à Paris, et les Suédois ont trouvé qu'il représentait mesquinement la Suède. Le ministre est, en effet, d'une économie excessive, et il avait pris un appartement très simple meublé d'une façon rudimentaire.
On lui a reproché de ne pas avoir assisté à l'inauguration de l'Exposition; on lui a surtout reproché de ne pas avoir assez plaidé la cause de l'Exposition auprès des autorités suédoises, car on aurait certainement voté l'argent nécessaire, et le roi eût bien été obligé de se départir de sa réserve vis-à-vis de la France.
M. Wennerberg, ministre des cultes, a fait les paroles et la musique d'une série de chansons d'étudiants qui sont très populaires dans toute la Scandinavie.
Quant à ce qu'on appelle en Suède la maison du Parlement, elle est vieille et peu décorative. On prépare un grand et magnifique palais pour recevoir les députés; c'est-à-dire que l'on y pense, car le monument n'est encore qu'à l'état de projet et l'on en est à la période de concurrence des architectes, c'est dire que les habitants de Stockholm ne sont pas encore sur le point de voir la nouvelle Chambre. Mais que peut leur importer le bâtiment plus ou moins neuf, l'essentiel est que ce qui s'y fait soit bon: et c'est le cas. On est presque tenté de croire que ce n'est que dans les vieilles bâtisses qu'on fait de bonnes lois.
P. Artout.