Comme ce Trublet dont on a dit:
Il compilait, compilait, compilait...
on pourrait dire de lui:
Il entassait, entassait, entassait...
Assiettes révolutionnaires, poésies de la période révolutionnaire, poésies de la période romantique, bouquins intéressants, lithographies de Daumier, dessins de Gavarni, Champfleury enfouissait tout dans son cabinet de Sèvres où la mort est entrée, prenant et dispersant toutes ces collections pour la plus grande joie des autres curieux.
M. Paul Eudel a écrit une bien jolie préface pour le catalogue de cette vente. Il raconte des gamineries de Champfleury, qui était resté un mystificateur, comme Labussière, et aussi des anecdotes qui montrent le flair du dénicheur d'objets d'art.
--Je ne suis pas sérieux, disait Champfleury, il y a assez de gens sérieux sans moi.
Et, dit M. Eudel, il ajoutait de ce ton traînard qui lui était personnel:
--Je me suis bien amusé dernièrement. Dans la rue Geoffroy-Marie, au siège de la Société des gens de lettres, se trouvait sur le mur cette indication au bas de l'escalier:
Sauvage Allant et Cie