à l'entresol.
Cela m'agaçait toujours lorsque je passais devant cette adresse. Aussi, un beau jour, je n'ai pu résister à la tentation, il me fallut gratter une partie de l'inscription, et on lit à présent:
Sauvage....................
à l'entresol.
Plaisanterie de vieux gamin. Mais il y a là tout un caractère et toute une époque.
Voici le chercheur maintenant:
Un jour, chez une brocanteuse du boulevard Saint-Michel, Champfleury--j'emprunte encore l'anecdote à M. Eudel--aperçoit parmi un lot de vieilles faïences une porcelaine siamoise qui lui paraît merveilleuse. Il la marchande. La vendeuse ne veut pas en dire le prix.
--Je vous en donne cinq cents francs!
La marchande en eût peut-être demandé vingt ou trente. Elle dit alors qu'elle réfléchira. Champfleury s'en va. La bonne femme s'en va offrir ça et là sa porcelaine siamoise et, ne trouvant pas d'acquéreur, la porte de guerre lasse à Champfleury, qui l'achète et la place au musée de Sèvres.
Quelque temps après, des ambassadeurs siamois de passage à Paris viennent visiter le musée. Champfleury, très fier, leur montre le vase qu'il a acheté.