Type de guerrier.

Ignorant un autre genre de vie que celui qu'elles mènent, elles vivent comme ont vécu leurs mères, comme vivront leurs filles, si la civilisation ne vient pas, en leur créant d'autres besoins, leur relever le moral et leur développer l'intelligence.

Les gamins du village, négrillons de trois à dix ans, alléchés par les petits cadeaux de perles, boutons, clous dorés, que nous leur donnions, devinrent bientôt très familiers.

Un jour, voulant sans doute nous remercier de nos attentions délicates à leur endroit, ils dansèrent devant nous la danse des enfants.

Nous voilà donc, assis sous une paillote, entourés d'une foule énorme admirant ce jeune corps de ballet.

Les danseurs, rangés sur une seule ligne, sans jupes de gaze ni falbalas, sautant d'un pied sur l'autre, bien en mesure, et avec autant de bruit que possible, chantent un refrain plus ou moins monotone, alterné de quelques couplets hurlés par le plus brillant soprano de la troupe.

A chaque couplet ils accompagnent leur chant du bruit que font leurs mains frappées sur le haut de leurs cuisses, ce qui produit, tant pour l'ouïe que pour la vue, le plus singulier effet.

Je ne dirai pas que cette danse soit le divertissement le plus moral qu'on puisse rêver pour des enfants, mais on a tant prêché inutilement chez nous contre la valse qui--paraît-il--n'est pas morale, que l'on peut bien laisser de jeunes sauvages danser à leur guise leurs pas accoutumés.

Le dimanche 4 mai, après une tentative infructueuse pour continuer notre voyage dans la Sangha, nous nous décidâmes à explorer la N'Goko, un de ses affluents dérivé droite, qui paraissait se diriger plus à l'ouest.