LE CONGO FRANÇAIS.--1. L'équipage du «Ballay».--2. Intérieur du village de Bassangha.

C'est avec les barrettes de laiton que les Européens leur vendent que les indigènes fabriquent ces bracelets.

Pour cela, ils fondent dans un creuset en terre une assez grande quantité de ces barrettes, font un moule dans le sable au moyen d'une baguette qu'ils y appliquent et en retirent aussi délicatement que possible, puis coupent le métal dans cette rainure qui peut avoir environ 60 centimètres de longueur.

1. La Sangha barrée par les hippopotames.--2. Chasse à l'éléphant.--3. Dépeçage et séchage de la viande.--4. Décapitation de l'éléphant.

Évidemment, le métal ainsi fondu est plein de bavures, mais, à force de le marteler, les ouvriers arrivent à obtenir une tige parfaitement polie, pointue à ses extrémités allant en grossissant graduellement jusqu'en son milieu.

Il ne leur reste plus alors qu'à rouler cette tige en trois tours environ pour terminer leur travail.

D'autres industries occupent d'autres ouvriers du grand chef. Les uns fabriquent des pagaies pour la flotte de pirogues qui entoure le village; les autres vont chercher le vin de palme dont Minganga est si friand et dont il boit de telles quantités qu'il est dans un état d'ivresse absolue pendant les trois quarts de la journée.

Ceux que ces travaux n'emploient pas s'en vont de temps à autre à la pêche ou à la chasse, pendant que les ménagères, portant leurs enfants attachés sur le dos, vaquent aux soins intérieurs ou s'en vont travailler dans les plantations.

Pauvres ménagères! leur vie ne me fait pas l'effet d'avoir beaucoup d'attraits, et leur sort est certainement des moins enviables. A part quelque sultane favorite, toutes travaillent comme des bêtes de somme, sans penser sans doute à la veille ni au lendemain, sans manifestation extérieure de peine ou de plaisir. Mais qu'importe!