Au milieu de cette grande case s'en élève une autre plus petite, dont la ressemblance avec les baraques de saltimbanques m'a vivement frappé.
Tout cela est sculpté, peint, agrémenté de dessins de toutes sortes, de couleurs assez variées, et ne rappelle en rien les ignobles huttes de certaines peuplades qui ne sauraient vivre, paraît-il, sans vermine et sans fumier.
La navigation du «Ballay» sur la Sangha.
Deux jours après notre arrivée à Ouosso, nous étions les meilleurs amis du chef Minganga et de son frère Mondobéka, avec lesquels nous eûmes de longues conférences.
Minganga est un chef influent et respecté bien qu'il soit le plus grand ivrogne qu'on puisse voir. Son village est le centre d'un commerce d'ivoire considérable. Malheureusement ce commerce est accaparé par les gens de Bouga et de Bolobo, qui viennent en pirogues acheter l'ivoire dans ces parages, pour aller le revendre sur le Congo, d'où il prend, en majeure partie, la route de l'État indépendant.
Il est donc à souhaiter qu'on établisse le plus tôt possible des postes en ce pays, de façon que les commerçants puissent traiter directement avec les Barangas et profiter du gain que, jusqu'à ce jour, ont fait sur eux tous les traitants auxquels ils sont forcés de s'adresser.
Une industrie qui paraît primer toutes les autres au village Ouosso est la fabrication de bracelets en cuivre qui servent presque exclusivement de monnaie d'échange.
Minganga, ayant à sa solde plusieurs forgerons, les emploie à ce travail qui doit être pour lui la source d'un assez beau revenu.