LE CONGO FRANÇAIS.--Une caravane de porteurs d'ivoire.

Nous eûmes toutes les peines du monde à le sortir de l'eau, pour lui couper la tête et prendre les défenses, qui malheureusement ne pesaient chacune qu'environ douze kilogrammes.

Deux jours après, au même endroit, nous donnions la chasse à deux autres éléphants qui, criblés de balles, se réfugièrent dans l'île. Nous nous mîmes à leur poursuite.

Les arbres, le sentier, les herbes où nous passions étaient couverts de sang, et nos vêtements blancs, au bout de quelques instants, étaient devenus complètement rouges.

Par intervalles nous rencontrions un grand espace où l'herbe était foulée et comme écrasée et où des arbustes jonchaient la terre, violemment arrachés; là, les énormes pachydermes avaient dû, dans leur fuite, s'arrêter un instant ou tomber de lassitude et de faiblesse occasionnées par la douleur et la perte de sang; de grandes flaques en effet se voyaient piétinées et ayant éclaboussé les herbes tout autour; puis la fuite reprenait reconnaissable à de larges trouées dans la végétation, formant des zig-zags, des allées et venues au hasard.

Évidemment les éléphants avaient été sérieusement blessés et cette idée activait l'ardeur de notre poursuite.

Réception dans une case, à Ouosso.

En dehors, en effet, du plaisir et des émotions que procure cette sorte de chasse, on y trouverait certainement un grand intérêt à cause des défenses de l'animal qui, suivant son âge et la qualité de l'ivoire qui les forme, sont quelquefois d'un très grand prix.

Chemin faisant nous nous rappelions toutes les histoires de chasses d'éléphants que nous avions lues ou dont nous avions entendu parler et des visions d'animaux blessés nous traversaient la tête, qui devenus furieux par la poursuite se retournaient contre les chasseurs, les foulant aux pieds, les saisissant avec leur trompe, les lançant en l'air et les déchirant avec leurs défenses.