Les élections du 21 février.--Sept élections législatives avaient lieu le 21 février. En voici les résultats:

Nord, 2e circonscription d'Avesnes: M. Herbecq, républicain modéré, élu par 7,483 voix.

Pas-de-Calais, 1re circonscription de Béthune, M. Basly, ancien député socialiste, élu par 8,892 voix, contre 5,469 à M. Alfred Wagon, républicain radical.

Basses-Pyrénées, arrondissement d'Orthez: M. le docteur Clédou, républicain modéré, élu par 12,486 voix.

Pyrénées-Ocientales, arrondissement de Prades: M. Frédéric Escanyé, républicain, 3,359 voix; M. Paul Villard, radical, 2,486 voix (ballottage).

Seine-Inférieure, 2e circonscription de Rouen: M. Julien Goujon, radical, 5,881 voix; M. David Dautresme, ancien chef du cabinet du ministre du commerce, radical, 4,536 voix; M. Gahineau, socialiste, 3,010 voix (ballottage).

3e circonscription de Rouen: M. Maurice Lebon, maire de Rouen, républicain, élu par 10,318 voix, contre 5,377 à M. Pierre de Montaignac, conservateur constitutionnel.

Vosges, 1re circonscription d'Épinal: M. Camille Krantz, maître des requêtes au Conseil d'État, républicain, élu par 7,175 voix, contre 2,200 à M. Houdaille, révisionniste.

Dans ces diverses circonscriptions, il s'agissait de remplacer des députés républicains, récemment nommés sénateurs. On s'attendait donc partout à la victoire des républicains. Toutefois l'élection de Rouen présentait un certain intérêt de curiosité, en raison de la candidature de M. de Montaignac qui, à l'exemple de M. de Caraman en Seine-et-Oise, avait fait une profession de foi franchement constitutionnelle. M. de Montaignac a obtenu 5,477 voix. Aux élections de 1889, le candidat monarchiste, M. de Pomereu, en avait obtenu 6,901. Les conservateurs intransigeants en tirent cette conclusion que l'adhésion au régime établi, formulée par M. de Montaignac, lui a fait perdre environ 1,600 voix. Mais les partisans de révolution font une argumentation toute contraire: ils déclarent que les 1,600 voix en question représentent celles des monarchistes intransigeants, alors que 5,377 conservateurs acceptent parfaitement que leur candidat combatte pour leurs idées sous le régime républicain. Ceci prouve une fois de plus qu'on peut tout tirer des chiffres; mais en réalité il n'y aurait de démonstration décisive que si, dans une même élection, figuraient à la fois un conservateur constitutionnel et un conservateur intransigeant.

Aux élections municipales de Paris, un candidat boulangiste invalidé, M. Prunières, qui se représentait dans le quartier du Pont de Flandres, a été réélu par 926 voix, contre 831 à M. Paulard, possibiliste.