Henri Rozal est devenu son époux et, grâce à cette fortune immense, le voilà installé dans son château au bord de la Méditerranée et tentant à nouveau le jeu de la politique. Il réussit. Mais, au moment où il marche vivant dans son rêve étoilé, le banquier Giraud se présente et réclame sa commission que M. Rozal a oublié de payer. Les billets sont là. L'homme d'affaires a l'acte de société à la main; il recouvre pour lui et pour les autres intéressés de la commandite; si dans une heure les trois ou quatre millions n'ont pas été payés, Giraud remettra le dossier entre les mains de Liliane. Cet aveu forcé, Henri le fait à sa femme à genoux. Celle-ci paye et rend à son mari repentant la reconnaissance souscrite à Giraud.

C'est cette scène du second acte, qui se passe dans un décor ravissant, que notre gravure représente.

Le cœur déchire par cette révélation, qui, en tuant en elle le respect pour son mari, tue aussi l'amour, Liliane paye Giraud à la condition qu'il remettra entre ses mains le traité odieux, et elle se sépare d'Henri Rozal, lequel devient député et renverse les ministères. Tout s'arrange entre les deux époux; Liliane revoit Rozal qui, toujours amoureux de sa femme, entre chez elle par le balcon puisque la porte lui est fermée. En face de cette audace d'un amant, entraînée par lui, prise dans ses bras, Liliane pardonne et Henri Rozal rentre en possession, une fois encore, je ne dirai pas de la fortune, mais du cœur de sa femme. La pièce a été supérieurement jouée par Mmes Brandès, Léonide Leblanc, MM. Dieudonné, Candé, Romain, Camis.

ANIE

Roman nouveau, par HECTOR MALOT

Illustrations d'ÉMILE BAYARD

Voir notre dernier numéro.

Certes non, Mme Barincq ne faisait pas de reproches à son mari, seulement depuis vingt ans elle ne lui adressait pas une observation sans la commencer par cette phrase qui, dans sa brièveté, en disait long, car enfin de combien de reproches n'eût-elle pas pu l'écraser si elle n'avait pas été une femme résignée?

--Va dîner, dit Anie.