MM. Sauze et le prince de Caraman-Chimay, Beretrot et Gaillard, Rue et Thieriet. Enfin, pour couronner le tout, Mérignac et Prévost.
Abeniacar.

M. Chevillard. M. Vavasseur. M. Rouvière. Baron Louis de Taters.

Essai de guérison de la tuberculose par la transfusion du sang de chèvre.

LES PRÉDICATEURS DU CARÊME

On jeûne moins qu'autrefois, mais on prêche autant. Il y a même, depuis quelques années, un redoublement de zèle apostolique de la part de l'Église, et, dans le public qui se presse au pied de la chaire chrétienne, un renouvellement de bienveillante curiosité. «Pourquoi, écrivait un moraliste, un mauvais prédicateur même est-il écouté avec plaisir par ceux qui sont pieux? C'est qu'il leur parle, de ce qu'ils aiment. Mais vous qui expliquez la religion aux hommes de ce siècle, et leur parlez de ce qu'ils ont aimé peut-être, ou de ce qu'ils voudraient aimer, songez qu'ils ne l'aiment pas encore, et, pour le leur faire aimer, ayez soin de bien parler.» Il n'a jamais été plus nécessaire aux sermonnaires catholiques de bien prêcher. J'ai vu de mes yeux et entendu de mes oreilles quelques-uns des prédicateurs justement renommés de ce carême. Voici donc sur eux des notes toutes fraîches où l'on trouvera, sans passion d'aucune sorte, le témoignage d'un enfant du siècle très respectueux qui cherche simplement a dire la vérité.

Mgr D'HULST

C'est Mgr d'Hulst qui a succédé dans la chaire de Notre-Dame au P. Monsabré. Le souvenir de Lacordaire planait déjà d'une manière un peu gênante sur le P. Monsabré lui-même. Il est peut-être encore plus dangereux pour Mgr d'Hulst qui n'a presque rien des dons ni des effets de l'orateur vibrant. Et d'abord son extérieur, qui commande le respect, ne s'impose pas tout de suite à l'attention. La figure est très distinguée, mais froide, sans avoir ce rayonnement apostolique qui brûle les yeux d'un auditoire, sans que l'autorité ou la séduction du visage, la noblesse ou la grâce de l'attitude, la flamme ou la douceur du regardaient une première action, soudaine ou insinuante, sur ceux qui regardent avant d'écouter. La voix est claire, distincte, un peu sèche. On l'entend bien, elle ne pénètre pas assez. C'est plutôt la voix d'un politique que d'un apôtre, ou, en d'autres termes, d'un conducteur d'hommes que d'un preneur d'âmes; elle n'a rien, même dans ses notes les plus heureuses, qui domine, qui émeuve ou qui apprivoise. Bonne pour l'enseignement de la philosophie chrétienne et pour les allocutions épiscopales, elle résonne, sans retentir, dans le grand vaisseau de la métropole. Le geste est rare, et, lui aussi, un peu maigre et un peu étroit. Sans doute, Mgr d'Hulst, qui n'est pas, qui ne veut pas être un orateur populaire, ne doit aimer ni les grands gestes ni les grandes phrases; il dédaigne de demander à l'artifice les vibrations que sa fierté méprise, et que la nature lui a refusées. Il a raison. Et cependant une action plus ample et plus chaleureuse, une rhétorique plus ardente ou moins sévère, ne nuiraient ni à sa cause ni à son talent.