Phare du Four, dans le Finistère.
Phare des Grands-Jardins, en face
de Saint-Malo.
Le bateau des ponts-et-chaussées
ravitaillant le phare d'Ar-Men.
Un phare est constitué par une tour surmontée d'une plate-forme sur un soubassement de laquelle est située la lanterne. Le diamètre de la tour n'est jamais inférieur à celui de cette dernière, et son diamètre varie de 3 m. 50 à 5 mètres. Sa forme, nos dessins l'indiquent, est en général ronde, ainsi que la plate-forme, de façon à offrir moins de prise à la mer et au vent. Ar-men, le Four et les Jardins, que nous reproduisons, sont ainsi faits. La forme octogonale réalise cependant les mêmes avantages et paraît plus élégante.
La construction d'un phare sur terre ferme est facile, mais il n'en est pas de même lorsqu'on a dû l'élever sur des rochers plus ou moins submergés sous les flots. Ar-Men réalise la plus audacieuse construction qu'on ait jamais entreprise à cet égard.
Regardez: le rocher d'Ar-Men, sur lequel ce phare est bâti, ne s'élève pas à plus d'un mètre au-dessus des plus basses mers, et sa superficie, comme nous le montre le dessin, est juste suffisante pour l'assiette d'un grand phare. Il a semblé longtemps impossible d'y descendre, si favorable que pût se montrer l'état de la mer, il le fallait cependant et l'on a réussi l'impossible.
Pour percer dans la roche les trous destinés à fixer la maçonnerie, les ouvriers de l'ile de Sein, munis d'une ceinture de liège, se couchaient au ras de l'eau, se cramponnaient d'une main au granit et levaient de l'autre le fleuret ou le marteau. Et, à chaque instant, l'un d'eux était entraîné par les lames, puis ramené au travail par les marins qui, dans de petits bateaux de pêché, veillaient aussi près que possible du récif pour secourir leurs camarades. Pendant la première année, on put accoster sept fois le rocher et l'on perça quinze trous; la construction des assises seules a duré cinq ans.
Inutile d'insister pour faire comprendre les difficultés de ces gigantesques travaux.
(A suivre.)
Hacks.