L'instabilité des appareils est toujours fort précaire. Si l'opérateur se tient trop en avant, l'appareil pique une tête vers le sol; s'il se tient trop en arrière, il retombe brutalement dans cette direction; ces mêmes phénomènes se reproduisent si le vent frappe l'appareil trop en dessus ou trop en dessous, ou s'il fait subitement défaut; un coup de vent latéral, enfin, peut faire piquer une tête de côté et, si l'aviateur ne peut parer instantanément à ces embardées par la manoeuvre opportune des gouvernails, son existence est fort en péril.

Influence des couleurs sur la sensibilité.

Un physiologiste allemand vient de consacrer une étude spéciale à l'action que peuvent exercer les lumières colorées sur notre sensibilité. Ses expériences font voir que nos sens ne fonctionnent pas également bien à la lumière, à l'obscurité et dans les lumières colorées. Le rouge, le jaune, le vert et le bleu apportent une forte perturbation à nos impressions auditives et nous laissent perplexes en ce qui concerne les directions d'où vient le son. Les lumières colorées affectent aussi le sens de l'équilibre. Mais celui de nos sens qui est le plus troublé par les lumières coloriées est peut-être celui de la gustation. Dans la plupart des cas, il y a un accroissement ou une diminution de la puissance gustative. Il y a même des perversions du goût. Sous l'influence de certaines couleurs, un corps qui donne à la lumière ordinaire une saveur sucrée donnera, par exemple, une saveur salée ou acide. Souvent la couleur qui produit les variations les plus prononcées est celle que le sujet préfère. Dans le cas de la sensibilité thermique, le bleu et le violet causent une diminution de la sensation de froid; avec le rouge et le vert, il y a, au contraire, une augmentation. La présence et l'absence de lumière ordinaire, non colorée, ont aussi une action marquée sur la sensibilité. Par exemple, l'obscurité diminue la sensibilité acoustique; on entend plus finement avec lumière que dans l'obscurité--Une ouïe faible devient plus forte aussitôt que l'oeil reçoit la lumière du jour. Ceci a été, dans une certaine mesure, observé par les navigateurs qui ont déclaré que de nuit les signaux acoustiques sont souvent moins bien perçus que durant la journée. Les lumières colorées agissent aussi sur l'audition: les lumières rouge, jaune et verte font paraître un son plus élevé qu'il n'est: la lumière violette le fait paraître plus bas.

A propos de cette action qu'exerce l'activité des autres sens sur chaque sens isolé, il est intéressant de noter que, pour l'expérimentateur allemand, la sensibilité tactile des aveugles-nés, qu'on dit souvent supérieure à celle des voyants, est, en réalité, inférieure. De façon générale tous les sens souffrent de la privation de lumière. Les fumeurs savent tous que, dans l'obscurité, ils ne jouissent guère de leur pipe ou de leur tabac: souvent ils ne savent--par l'odorat et le goût seul--si leur tabac brûle ou non, s'ils fument réellement ou bien à blanc. D'autre part, le goût perd beaucoup de sa finesse dans l'obscurité, et ceci expliquerait certains cas d'empoisonnement involontaire, certains cas d'individus avalant sans broncher, dans l'obscurité, le contenu toxique d'une bouteille qu'ils croyaient être remplie d'un liquide tout autre, comme effets et comme saveur.

La production des vins en 1904.

L'année dernière la production des vins français a été exceptionnellement bonne: elle a dépassé 66.000.000 d'hectolitres, en augmentation de 30.500.00 hectolitres par rapport à la récolte de 1903 et de 23.500.000 hectolitres comparativement à la moyenne des dix dernières années.

C'est une récolte de 72 millions d'hectolitres y compris la production de l'Algérie.

Depuis 1875, seule l'année 1900 avait atteint ce chiffre.

Sauf l'Aube, le Doubs et le Jura, qui présentent des diminutions, tous les départements producteurs présentent des augmentations.

Les plus favorisés sont l'Hérault, avec 6.778.000 hectolitres; l'Aude, avec 3.338.000 hectolitres; Indre-et-Loire, avec 1.419.000 hectolitres; la Gironde, avec 2.424.000 hectolitres; la Loire-Inférieure, avec 1.239.000 hectolitres; la Charente-Inférieure, avec 1.171.000 hectolitres d'augmentation.