Les importations nous viennent surtout d'Allemagne et nos principaux envois vont en Angleterre. En 1903, ces derniers ont dépassé la somme de 31 millions et demi.

Notre commerce avec l'Italie ne montre aucun progrès.

Le centenaire de Sainte-Beuve
à Lausanne.

Les hommages posthumes n'auront pas manqué à Sainte-Beuve pour son centenaire. Des écrivains lui ont érigé sous la forme du livre une sorte de monument littéraire; un groupe d'hommes d'élite a fait placer sur la façade de sa maison natale, à Boulogne-sur-Mer, l'effigie dont nous avons donné récemment la reproduction; la fidélité au culte de l'illustre critique à qui son oeuvre survit s'est manifestée hautement même hors de nos frontières.

Plaque commémorative
de Sainte-Beuve,
à Lausanne.--
Phot. Bonard.Le 23 décembre dernier, date exacte du centième anniversaire de sa naissance, on inaugurait à Lausanne, en son honneur, une plaque commémorative scellée à la façade de l'université. Cet édifice, en effet, abritait jadis l'académie où, en 1837, Sainte-Beuve vint professer un cours public dont la matière n'était autre que la documentation préparatoire de sa fameuse histoire de Port-Royal. La plaque est due au sculpteur Raphaël Luglon, qui s'est inspiré du médaillon de David d'Angers; les frais d'exécution ont été couverts par une souscription à laquelle ont pris part MM. Jules Claretie, Albert Sorel, Paul Deschanel, de l'Académie française; le programme de la cérémonie d'inauguration comportait une séance académique et un banquet, au cours desquels les sentiments de communauté intellectuelle entre la Suisse et la France ont trouvé une nouvelle occasion de s'affirmer.

Mouvement littéraire.

Mémoires du duc de Choiseul (Plon, 7 fr. 50).--Souvenirs du comte de Plancy, publiés par son petit-fils, le baron de Plancy (Ollendorff, 7 fr. 50).--Histoire de la France contemporaine, par Gabriel Hanotaux, t. II (Combet, 7 fr. 50).

Mémoires du duc de Choiseul.

Etienne Charavay avait trouvé les Mémoires de Choiseul, sous forme de lettres, dans la collection Feuillet de Conches et avec M. Jules Flammermont en avait préparé la publication. Mais c'est M. Fernand Calmettes qui les met sous nos yeux, en les enrichissant de notes érudites. Le duc de Choiseul, né le 28 juin 1719, eut des fortunes diverses. Il prit du service dans l'armée de l'empereur et fit la campagne de Hongrie (1739). Plus tard, en 1744, après s'être jeté là où le portait son tempérament, c'est-à-dire dans les plaisirs, il fut attaché aux expéditions du prince de Conti, ce qui lui fit prendre en haine le maréchal de Saxe, dont il relève la morgue, l'insolence et les fautes militaires. Malgré ces tentatives de jeunesse, la guerre n'était pas précisément l'affaire principale du duc de Choiseul, jouisseur avant tout et fin diplomate. En mauvais termes d'abord avec Mme de Pompadour, il en fit la conquête, en l'éclairant sur certaine tendresse dangereuse du roi pour Mme de Choiseul-Beaupré. La favorite lui en sut le meilleur gré, en même temps que Louis XV, pour le même motif, le prenait en aversion. Mais si puissante était Mme de Pompadour qu'elle triompha des résistances royales et fit de Choiseul un ambassadeur à Rome, puis à Vienne (mars 1757), avant de l'élever au rang de ministre des affaires étrangères (7 décembre 1758).