M. Charles Causse
(Pierre Maël).--
Phot. E. Pirou.de mourir à l'âge de quarante-cinq ans, emporté, malgré sa vigueur peu commune, par une attaque de grippe infectieuse. Il s'était destiné à la marine; mais, à la suite d'une chute grave qu'il fit étant aspirant et qui lui laissa une claudication irrémédiable, il avait été réformé. Après avoir rédigé pendant quelque temps le courrier parlementaire à la Gazette de France, il abandonna le journalisme pour la carrière littéraire.
Une de ses premières oeuvres, le Torpilleur 29, marqua le commencement de sa réputation. Il devait conserver la faveur du public en produisant régulièrement de nombreux romans, où à une imagination très vive s'allient la faculté descriptive et des qualités d'observateur.
Il est juste de constater que, sous le pseudonyme de Pierre Maël, M. Causse a écrit la plupart de ses ouvrages en collaboration avec M. Charles Vincent, lequel, par traité en bonne et due forme, hérite en toute propriété de cette signature sociale. Ainsi, Pierre Maël survit à lui-même et, chose plus curieuse encore, il peut vivre éternellement, rien n'empêchant une série indéfinie d'écrivains de se léguer entre eux sa personnalité littéraire et ses droits jusqu'à la consommation des siècles.
LE CARDINAL LANGÉNIEUX
Le cardinal Langénieux, archevêque de Reims, a succombé le 1er janvier, dans son palais archiépiscopal,
Le cardinal Langénieux.
--Phot. Fréon. à la maladie de coeur dont il souffrait depuis longtemps et qui s'était aggravée au cours d'un voyage récent à Rome. Il était âgé de quatre-vingts ans.
Né à Villefranche-sur-Saône (Rhône) en 1824, ordonné prêtre à Saint-Sulpice en 1850, il fut vicaire à Saint-Roch, devint curé de Saint-Ambroise en 1863 et de Saint-Augustin en 1867. Après avoir été quelque temps vicaire général de l'archevêché de Paris, il était appelé à l'évêché de Tarbes en 1873 et, deux ans plus tard, à l'archevêché de Reims; il reçut la pourpre cardinalice en 1886.
Durant sa longue carrière, Mgr Langénieux montra de remarquables qualités d'administrateur, auxquelles il joignait une parfaite urbanité; c'était un de nos prélats les plus en vue et les plus dévoués au Saint-Siège, toujours prêt à protester contre les actes du pouvoir civil, comme il le fit naguère lors de l'expulsion des congrégations. Il pratiquait en outre brillamment l'éloquence de la chaire.
LE DUEL BREITTMAYER-LUSCIEZ