«Tout ce qui existe sous votre beau ciel m'est cher, disait-il à l'un d'eux. Je ferai de la Villa Médicis un centre intellectuel, où se rencontreront tous ceux qui en Italie ou en France s'adonnent aux arts, aux lettres et même à la politique Du moment que nous nous connaîtrons, nous nous aimerons.»

M. Carolus-Duran frappant à la porte
de l'atelier d'un sculpteur.

Le nouveau directeur de la Villa Médicis m'a raconté lui-même comment il a appris l'italien. C'est au couvent des bénédictins de Subiaco, où il resta dix mois pour l'exécution de son fameux tableau: la Prière du soir. Les bons moines furent ses maîtres.

Quel directeur sera M. Carolus-Duran? Il déclare vouloir être un ami pour les jeunes artistes pensionnaires. «J'essayerai de toute façon, dit-il, de leur faire facile et libre la vie d'art qu'ils vivent à la Villa Médicis. Je sais par expérience combien âpre est la voie pour arriver au but.» Il désirerait surtout les voir voyager non seulement en Italie, mais dans tous les pays où il existe des monuments et d'importantes collections d'art. Plus de copies, système suranné, mais la liberté de créer selon leurs aspirations et inspirations personnelles.

Naturellement, c'est à l'Académie des beaux-arts à décider souverainement de l'opportunité de ces réformes. Toutefois, un vent nouveau semble dès maintenant souffler sous les arceaux et les ombrages de la Villa Médicis. P. Z.

M. Carolus-Duran M. Guillaume.
A L'ACADEMIE DE FRANCE A ROME.--M. Carolus-Duran s'entretenant avec son prédécesseur,
M. Guillaume, dans le cabinet directorial de la Villa Médicis.

M. Paul Doumer, président de la Chambre des députés.--
Phot. Pierre Petit.]