La prochaine série de photographies de notre envoyé spécial donnera à nos lecteurs un tableau fidèle de ce spectacle impressionnant.

AU MAROC.--Les murs de Fez.

ERNEST BARRIAS

Le sculpteur Louis-Ernest Barrias, membre de l'Académie des beaux-arts, vient de succomber à une attaque d'influenza, le 4 février, à Paris, où il était né. Il avait seulement soixante-trois ans. Mais une vie de labeur sans trêve l'avait épuisé. Depuis longtemps très fatigué et continuant pourtant à travailler, à produire, il était une proie toute marquée pour la redoutable maladie. Il a été emporté en peu de jours.

Fils d'un peintre sur porcelaine, frère du peintre Félix Barrias, de près de vingt ans son aîné, il semblait qu'il ne put échapper au destin d'être lui-même peintre. De fait, le grand frère lui mit de bonne heure le crayon, puis le pinceau en main, lui apprit les premiers éléments du métier et, l'ayant ainsi préparé, le fit entrer chez Léon Cogniet, qui avait été son propre maître. L'enfant n'avait guère qu'une quinzaine d'années.

Ce fut un élève appliqué et docile. Pourtant il semblait que la peinture ne satisfit pas complètement son rêve et bientôt on le vit, entre deux séances devant la toile, s'amuser, en manière de récréation, à pétrir la glaise, à modeler des figurines. Une vocation de sculpteur, enfin, se révélait en lui, que l'on n'essaya pas de contrarier. Il franchit la cloison et passa de l'atelier de Léon Cogniet dans celui de Cavelier. Jouffroy devait parfaire son éducation sculpturale. Qui sait si ce ne fut pas à l'école de l'élégant statuaire de la Jeune Fille confiant son secret à Vénus que l'élève puisa le secret de cette grâce qu'il devait imprimer, plus tard, à certaines de ses productions: la Jeune Fille de Mégare, le Mozart enfant, pour ne citer que deux de ses oeuvres les plus connues?

La Nature se dévoilant.
Statue polychrome en
marbres de couleur.

--Phot. E. F.