Premier prix: un groupe de poules Wyandotte argentées. Ce groupe donna une moyenne de 218 oeufs par poule pour l'année complète. Les poules en question étaient les filles d'un groupe qui, l'année précédente, avait, donné 214 oeufs en moyenne. Elles étaient de petite taille plutôt et peu voraces. Des six poules de ce groupe, un amateur a offert 1.250 francs, mais en vain. Un groupe de poules a reçu une forte récompense: c'est un groupe de leghorn brunes. Elles ont fourni 200 oeufs chacune et cette espèce est fort avantageuse en ce qu'elle mange la moitié de ce qu'il faut aux autres.

Les résultats principaux du concours sont les suivants, d'après un expert qui a suivi les opérations. C'est, d'abord, que le maïs est un excellent aliment pour les poules. Puis, que l'absence des coqs est très recommandée: les coqs gênent la ponte, au lieu de la stimuler. En troisième lieu, les poules pondent plus quand elles sont réunies en petits groupes, que lorsqu'on les accumule en grandes troupes. Enfin, dit l'expert, les races asiatiques se sont montrées des couveuses tout à fait supérieures.

Notons que si la dépense en nourriture a été de 122 livres et le prix de vente des oeufs de 373 livres, il ne faudrait pas conclure que le bénéfice a été de 251 livres. Il faut tenir compte du prix d'achat des poules, de la valeur de la terre, de la dépense en enclos, poulaillers, etc.

Mais ceci est une autre affaire. Ce qu'il faut retenir, c'est la valeur de la wyandotte argentée comme pondeuse et celle de la leghorn.

Mouvement littéraire.

Le Péché de la Morte, par Maxime Formont (Lemerre, 3 fr. 50). La Maison de Danses, par Paul Reboux (Calmann-Lévy, 3 fr. 50).--Les Amants du Passé, par Jean Morgan (Plon, 3 fr. 50).--Emancipées, par Alphonse Georget (Lemerre, 3 fr. 50).--Le Droit au Bonheur, par Camille Lemonnier (Ollendorff, 3 fr. 50).

Le Péché de la Morte.

M. Maxime Formont expose, dans son roman, un curieux cas de conscience. Savinien de Méréglisse est plongé en un profond désespoir, parce qu'il a perdu sa femme adorée, la petite comtesse Françoise. Malgré sa mère qui le veut ramener chez les vivants, il persiste à vivre avec la morte. De quelle façon le tirer du lac noir où il est tombé? Dans son château, une douce jeune fille, Mlle de Fleuriel, fait son apparition. Une invincible sympathie les rapproche, mais comment l'épouserait-il? Peut-il violer le serment fait à la petite défunte? Lèvera-t-on son scrupule? La comtesse Françoise, en son délire, avant d'expirer, avait prononcé le nom de Pierre Anfrey, un ami de Savinien. Et ledit Pierre avait été surpris, par Mme de Méréglisse, la mère, à baiser dévotement le front de la morte. Hélas! un jour, dans un moment de solitude et d'abandon, la comtesse Françoise s'était donnée pour quelques minutes seulement à l'ami de son mari. Mlle de Fleuriel dépérit d'amour; Savinien, sous le poids de son serment, marche à la folie. L'aveu de Pierre peut seul les sauver. Mais doit-il avouer? Après de longues hésitations et en toute conscience, il le fait. En avait-il le droit? Oui, dit M. Formont, puisque cette solution est celle de son roman. Non, répondons-nous, car le secret n'était pas seulement le sien. Rien ne l'autorisait à souiller le tombeau et le souvenir de l'amie. De plus, il nous est impossible d'admettre la façon dont il éclaire, sur une faute aussi passagère, Savinien de Méréglisse. C'est lui-même qui fait à son ami la terrible révélation. N'eût-il pas été préférable qu'il usât d'un intermédiaire? Et en quels termes le complice de la comtesse Françoise s'exprime devant Savinien! «C'est une femme qui en était indigne, indigne, entends-tu (de ton serment).»

Maintenant, le roman est passionnant, écrit par une plume des plus expertes. M. Formont a dénoué le cas de conscience comme quelques autres peut-être l'auraient fait: c'est, en casuistique surtout qu'il y a autant d'avis que de têtes.

La Maison de Danses.