Fils d'un ancien contrôleur principal au Dépôt central de l'artillerie, Antoine Chassepot, très habile praticien comme son père, avait été élevé lui-même à ce grade, après avoir passé par les ateliers de Châtellerault et de Saint-Etienne, où il s'était occupé, durant une dizaine d'années, de la mise on oeuvre et du perfectionnement de son invention. En 1866, il était nommé chevalier de la Légion d'honneur et recevait, en 1870, la croix d'officier, au titre militaire.

La natalité dans les classes intellectuelles.

De nombreux statisticiens, aux Etats-Unis, ont été tentés par le problème de la natalité dans les classes cultivées. La culture intensive du cerveau est-elle compatible avec l'énergie de la force reproductive? Ou, au contraire, y a-t-il incompatibilité entre ces deux termes et les familles intellectuelles sont-elles condamnées à une rapide disparition?

La question est des plus intéressantes, au point de vue pratique, comme au point de vue de la biologie générale.

D'après les documents réunis par une revue américaine, les familles d'universitaires, au moins aux Etats-Unis, s'éteindraient très rapidement: 100 diplômés ne donneraient à la seconde génération que 68 garçons et 30 seulement à la troisième.

Pour les femmes diplômées, le mal serait encore plus grand. Et d'abord, ces dames se marient peu (55% au lieu de 80 dans la population féminine totale); puis un tiers d'entre elles restent stériles, ce qui est le double exactement de la proportion générale; enfin la fécondité moyenne de celles qui sont devenues mères est de 3, chiffre de fécondité des diplômés masculins.

Dans ces conditions, il est facile de calculer que l'extinction des familles de diplômés doit se faire environ en cinq générations.

A noter qu'aux Etats-Unis, le nombre des femmes s'adonnant aux études intellectuelles a passé, en douze ans, de 10.000 à 28.000.

Ainsi la culture intellectuelle intensive doit être regardée comme anormale, contraire à une saine physiologie; la nature ne s'en accommode pas et ne se soucie pas d'en propager les organes par l'hérédité.

Et s'il en était autrement, depuis longtemps sans doute, on aurait vu se développer des races intellectuelles; tandis qu'en réalité les enfants des savants sont le plus souvent d'intelligence très ordinaire et que les intelligences supérieures sortent de milieux très ordinaires.