La région la plus pluvieuse de l'Europe.

La partie de l'Europe où il pleut le plus serait, d'après les observations poursuivies depuis dix ans par M. K. Kassner, le massif qui entoure les Bouches de Cattaro en Herzégovine, au bord de la mer. Ce n'est pas précisément sur le rivage même, mais dans les montagnes qui se dressent à quelques kilomètres en arrière. On trouve là une région de 10 kilomètres de longueur sur 5 de large, où il tombe 3m,50, 4 mètres et 4m,55 d'eau par an. A Crkvice, le chiffre de 4m,55 a été dépassé: en 1901, cette infortunée localité a reçu 6m,135 d'eau: une couche d'eau de la hauteur de deux étages.

La pluie y tombe surtout en automne et en hiver. Le seul mois de novembre fournit 704 millimètres d'eau: plus de vingt par jour. En 1901, la chute de novembre a été de 1m,704, la hauteur d'un homme de taille au-dessus de la moyenne, et en trois jours consécutifs de novembre 1901, il est tombé 61 centimètres d'eau; 20 par jour.

Mouvement littéraire.

Horizons, par Lucie Delarue-Mardrus (Fasquelle, 3 fr. 50).--Poésies de François Fabié (Lemerre, 3 vol. à 5 fr.)--Croquis de chasse, sonnets illustrés, par M. Georges Hall eux (Royer, 3 fr. 50).--Le Sang de Méduse, par Sébastien-Charles Leconte (Mercure de France, 3 fr. 50).

Horizons.

En même temps que son mari poursuit sa pittoresque et exacte traduction des Mille et une nuits, Mme Delarue-Mardrus nous envoie ses Horizons. Née au bord de notre mer occidentale, elle en a, dans son enfance, entendu les sanglots et vu les désolations. Cela n'a pas tourné son talent vers les visions joyeuses. Aperçoit-elle des roses rouges ou blanches sur leur tige au lieu de se réjouir, sans arrière-pensée, de leur parfum et de leur éclat, elle pense à leur mort prochaine, et à la senteur pénétrante, mais un peu triste, qu'elles répandront quand le temps rapide les aura séchées.

Les froides blanches vont mourir de pureté

En leur douceur de lingerie.

Ne demandez pas à Mme Delarue-Mardrus d'observer les lois classiques de la prosodie française. Aucune de ces barrières ne lui agrée. Parfois, elle en arrive à ne nous plus guère donner que de la prose rythmée et un peu rimée. Et, cependant, son oeuvre nous charme; elle vaut par les nuances exquises, par l'originale sincérité. Malgré tout, ce qui nous attire et nous retient le plus dans Horizons, ce sont encore les pages où la règle harmonieuse a été le mieux gardée. Quelle jolie chose que les Guetteurs! Quel admirable tableautin que celui de cette jeune femme apeurée par la malice humaine, blessée par une amie peut-être dans le courant de la journée et s'enfermant en sa maison familière, au milieu des objets aimés, la tête en larmes, appuyée sur la forte poitrine: