Eh bien, s'il faut en croire des expériences faites par quelques médecins, ce serait, en effet, la présence anormale d'une certaine quantité de bile dans le sang qui donnerait au système nerveux du bilieux les réactions qui caractérisent son tempérament propre.
Injectée à petites doses dans le sang, la bile agirait comme un excitant de la contractilité musculaire et de l'irritabilité nerveuse physiologique; les nerfs moteurs comme les nerfs sensitifs, sous son influence, présenteraient une hyperexcitabilité très nette. Mais, si l'hyperactivité mentale et l'hyperexcitabilité nerveuse se produisent avec de petites doses de bile, avec de hautes doses c'est la dépression, le malaise intellectuel et moral que l'on obtient, avec lassitude, tendance à la mélancolie, tristesse.
Ainsi seraient réalisées expérimentalement les deux formes du tempérament bilieux: la forme légère, plutôt favorable, et la forme accentuée, pénible pour soi et pour les autres et qui rend insociable.
Et voici un exemple curieux d'une vieille locution médicale, tombée depuis longtemps dans le langage vulgaire, et qui correspondrait à une réalité très précise d'un phénomène physiologique.
Une île problématique.
Une île fait beaucoup parler d'elle, en ce moment, dans le monde maritime du Pacifique.
Mais il est difficile d'en dire grand'chose: elle ne porte point de nom et, par surcroît, on ne sait même pas au juste si elle existe. Elle se trouverait entre les côtes du Mexique et l'archipel des Hawaï. Si l'on demande comment il se fait qu'on ait de telles incertitudes à l'égard de son existence, il n'est pas difficile de répondre: il suffit de faire observer que les parages où elle se trouverait sont de ceux que la navigation connaît et fréquente le moins. On ne passe pour ainsi dire jamais dans la région dont il s'agit. C'est dans les observations de baleiniers, dans les débuts du dix-neuvième siècle, qu'on a trouvé des raisons de croire à l'existence de cette île; mais les expéditions envoyées en 1827 et 1837 pour vérifier cette existence n'ont donné aucune confirmation du bruit qui courait. En 1837 encore, on n'a rien trouvé et, en 1899, une croisière de l'Albatros est également restée infructueuse, ne révélant dans les parages supposés de l'île que des sondages de 2.000 et 3.000 brasses. En 1902, toutefois, l'existence de l'île a paru moins invraisemblable: on a trouvé un haut-fond suspect. L'an dernier on a continué les recherches, mais elles n'ont encore rien donné: il s'agit d'explorer une région de 30.000 milles carrés et l'opération demande du temps. L'île cessera peut-être, un jour prochain, d'être problématique: pour le moment, toutefois, elle le demeure.
La protection du gros gibier en Afrique orientale.
M. Palluaud, de retour d'une mission dans l'Afrique orientale anglaise et allemande, faisait connaître tout récemment à la Société de Géographie comment les Anglais et les Allemands ont limité la destruction des grands animaux qui pullulent dans la région du lac Victoria-Nyanza.
En premier lieu, la chasse est interdite sur certains territoires; puis, les permis de chasse, au moins sur territoire anglais, coûtent 1.200 francs et ne donnent que le droit de tuer deux bêtes de chaque espèce.