Il est même défendu de tirer la girafe, qui se fait de plus en plus rare.

Seule la chasse au lion est libre; mais il est vraisemblable qu'on n'en abuse pas.

Contrairement à ce qu'on croit généralement, le lion, cependant, n'attaque pas volontiers l'homme. Il lui préfère les antilopes et les ânes; et, en réalité, il est moins dangereux pour l'homme que l'hippopotame, le rhinocéros ou le buffle qui charge en troupe.

Un navire broyé. Le 14 mars, le trois-mâts barque Khyber, allant de Melbourne à Falmouth avec un chargement de grains, après une traversée excellente jusque-là, était pris par la tempête en vue des côtes de Cornouailles. En un clin d'oeil, les voiles furent arrachées et le navire fut poussé dans la baie du Mont, près de Posthgwarra. Il y mouilla l'ancre. Mais la tempête ne se calmait pas et, le 15, au matin, le bateau fut jeté à la côte avant même qu'on eût pu mettre à l'eau les embarcations. Tout l'équipage--vingt-trois hommes--périt. Et quelques minutes suffirent aux vagues furieuses pour faire de ce navire de 3.000 tonnes le tas informe de débris que montre notre photographie et où l'on ne reconnaît, de toute la coque et du gréement, que trois tronçons de mâts couchés parallèlement sur la grève, à peu près dans les positions respectives qu'ils occupaient à bord.

La balle humanitaire.

Un de nos collaborateurs scientifiques, actuellement au Japon, où il a pu avoir accès dans les hôpitaux où sont soignés les blessés de Mandchourie, nous envoie les intéressants renseignements qui suivent:

Mince, longue, légère, coquette, revêtue de son résistant manteau d'acier ou de maillechort poli, la balle moderne, faite pour la vitesse, doit, semble-t-il, traverser les tissus, telle une grosse aiguille, sans laisser pour ainsi dire traces de son passage.

C'est ainsi qu'on se représente habituellement ce projectile dont le calibre a sans cesse, depuis quelque quinze ans, été diminué. Il ne dépasse pas 6 millimètres dans le fusil Arisaka, dont se servent aujourd'hui les Japonais en Mandchourie.

Cependant cette balle, animée, au sortir du canon, d'une vitesse de 600 à 700 mètres, s'arrête encore assez facilement dans les tissus, soit qu'elle vienne de trop loin, soit qu'elle ait ricoché sur le sol, soit enfin qu'elle ait rencontré sur sa route, en pleins tissus humains, un tendon, une aponévrose, une crête osseuse qui, la déviant de sa trajectoire, sur laquelle elle est assez instable, l'ait fait basculer, rouler sur elle-même. Elle agit alors à la façon d'un projectile volumineux et irrégulier, tout de suite arrêté dans sa course par la résistance que lui opposent les éléments anatomiques qui le retiennent prisonnier et supportent très bien, sans réagir, la présence de cet hôte un peu brutal.

Fait singulier et paradoxal en apparence, cette balle blindée, revêtue d'un manteau d'acier ou de maillechort, éclate souvent, au contact de corps moins durs, tel un rebord tendineux, une crête osseuse, et ces éclats deviennent, à leur tour, de très mauvais projectiles qui déchirent les tissus et sont parfois d'une extraction difficile.