Il n'est pas contestable que certaines fumées ont des propriétés antiseptiques; la conservation des viandes fumées en est, en effet, une preuve manifeste.

Mais on ignorait jusqu'à présent quelle était, dans les fumées, la substance active à laquelle elles devaient cette précieuse propriété. Des recherches récentes de M. A. Trillat ont établi que cette substance était l'aldéhyde formique.

Comme conséquence de cette découverte, le même auteur vient de montrer que, dans l'atmosphère des grandes villes, il existe une quantité notable d'aldéhyde formique, provenant des fumées des combustibles et dont la présence peut être considérée comme un principe d'assainissement de cet air urbain dont on dit tant de mal.

Parmi les corps dont la combustion dégage le plus de formaldéhyde se placent au premier rang les matières sucrées et les résines.

Or, chose curieuse, ce sont précisément ces substances dont la combustion a été recommandée dès la plus haute antiquité comme procédé d'assainissement; car la coutume de brûler des baies de genièvre et des résines, en temps d'épidémie, remonte à Hippocrate. «Brûler du sucre» est encore de nos jours une expression qui signifie désinfecter.

On sait que, pour nos ancêtres, la notion de la désinfection était intimement liée avec celle de la désodorisation: détruire les mauvaises odeurs était le principal. Or, la formaldéhyde possède précisément la propriété de former des composés inodores avec l'hydrogène sulfuré et ses dérivés, et, ainsi guidés par l'observation fondée sur la disparition de la mauvaise odeur, les anciens s'étaient adressés aux substances qui dégagent le plus d'aldéhyde formique, lequel est un puissant antiseptique. Et il s'est ainsi trouvé que les propriétés antiseptiques de la formaldéhyde ont été utilisées, en hygiène, bien avant que l'on ait isolé et étudié ce corps.

Statuette romaine en bronze,
découverte à Lambessa.

--Phot. Bernguer.

Une découverte archéologique.

Un propriétaire de Lambessa, M. Bac, en poursuivant des fouilles qu'il a entreprises sur ses terres, dont une partie recouvre l'emplacement des casernements qu'occupait la troisième légion romaine, vient de découvrir une oeuvre d'art très intéressante. C'est une statuette en bronze, d'un gracieux caractère, qui représente un enfant pressant contre lui un aiglon. Cette statuette mesure 66 centimètres de hauteur, avec le socle, et pèse 19 kilogrammes. La tête est rattachée au corps par un tenon qui s'emboîte entre les épaules, et à la place des yeux se creuse, comme dans nombre de statues romaines, un vide qui devait être, autrefois, rempli d'un émail imitant, au naturel, le globe oculaire avec sa prunelle. C'est un des rares bronzes qu'on ait exhumés du sol africain, et cette circonstance augmente encore l'intérêt de cette découverte archéologique.