Guillaume II en Italie. Phot. instantanée.
GUILLAUME II EN ITALIE
En partant de Tanger, après son escale si brève mais si commentée et, à la vérité, si pleine de conséquences politiques, l'empereur Guillaume II s'en fut vers l'Italie, puis la Sicile. Là il dépouilla les uniformes brillants et se métamorphosa en touriste pour visiter les sites fameux qui avoisinent le pied de l'Etna, et notamment Taormina, son vieux château, les ruines de son théâtre antique. C'est au retour d'une de ces excursions en voiture que fut pris le cliché que nous reproduisons ici et qui nous montre un Guillaume II en panama et en ulster, sans plus rien d'olympien dans le regard, un homme nouveau, simple, inattendu enfin.
UNE FÊTE A SAINT-CYR SOUS LOUIS XIV
AU THÉÂTRE ROYAL DE MUNICH.--Reconstitution d'une fête à Saint-Cyr: «la Danse des Nymphes», en présence de Louis XIV.
La princesse Aldegunde de Bavière.
Mme Sarah Bernhardt vient d'avoir l'heureuse idée de reprendre Esther; mieux encore, de reconstituer la représentation de la tragédie de Racine telle qu'en 1689 les pensionnaires de Saint Cyr la donnèrent devant Louis XIV. Scrupuleusement soucieuse de l'exactitude, la grande artiste a distribué à sa troupe féminine tous les rôles de la pièce, où elle tient elle-même celui d'Assuérus avec son ordinaire maîtrise, en un superbe costume bleu turquoise rehaussé d'or. Cette tentative a obtenu un succès du meilleur aloi: si la mise en scène a satisfait les amateurs de reconstitutions, les délicats ont fort goûté les pures beautés classiques d'Esther, infligeant, après plus de deux siècles, un nouveau démenti au fâcheux pronostic de Mme de Sévigné. Son fameux «Racine passera comme le café» est, il est vrai, apocryphe (n'est-ce pas le cas de nombre de «mots historiques» devenus proverbiaux?), mais elle a écrit à peu près l'équivalent: «Racine fait des comédies pour la Champmeslé; ce n'est pas pour les siècles à venir.» La célèbre épistolière a commis là une de ces erreurs grossières auxquelles n'échappent point les esprits les plus avisés: les oeuvres du divin poète, y compris celles qui ne sortent guère du répertoire des pensionnats et des couvents, sont à l'épreuve des atteintes du temps.
Aussi bien se rattachent-elles, dans l'ordre littéraire, à l'époque dont l'éclat incomparable en toutes choses fut tel qu'il éblouit encore de ses lointains reflets les générations d'aujourd'hui et que l'évocation de ce passé compte parmi les moyens les plus propres à relever l'apparat artistique de certains divertissements où nous cherchons des diversions aux réalités positives du présent.