Voile le firmament, lueur crépusculaire,
Domine l'univers, divin calme du soir.
Lune aux reflets d'argent, perce le ciel, éclaire
L'heureux monde endormi, plein de vie et d'espoir.
N'aurait-il écrit que l'Angélus, M. Paul Boisson aurait déjà fait ses preuves de bon poète lyrique. Mais il y a encore, dans son recueil, beaucoup de morceaux dans lesquels s'est exprimée toute la noblesse de son âme religieuse et tendre.
Partances.
Décidément le poète gai, ou simplement impassible, se fait de plus en plus rare. Dans chaque volume de vers que nous ouvrons il n'y a que mélancolie. Je ne sais si M. Auguste Dupouy est au fond de lui-même aussi désabusé qu'il le paraît; mais ici, dans Partances, nous nous trouvons en face d'un homme dont toutes les illusions se sont effeuillées. Avec quelle discrétion délicate! avec quelle maestria M. Dupouy nous dit ses désenchantements! Il n'y a pas de tâtonnements dans la phrase; le poète est absolument sur de lui-même. On sent un esprit extrêmement cultivé dont la pensée et l'expression ne flottent jamais. Professeur dans un lycée, tout nourri des lettres antiques, M. Dupouy sait mettre dans ses vers le miel des abeilles de Virgile; il compose du plus pur arôme des fleurs ses poésies, dans lesquelles cependant on goûte quelque chose de tout personnel et de tout moderne. Comme il est allé en Pèlerinage dans son pays breton et qu'il n'y a rien revu de ce que ses souvenirs d'enfance y avaient attaché, il nous dit son douloureux étonnement:
Moi, je n'ai rien revu: plein des rimes apprises.
J'ai voulu retrouver, comme d'autres, le nid.
Et je m'en suis venu du pays des églises