Leur fièvre s'est calmée et leur flamme attiédie,
Ta porte chôme au seuil...
La plupart des poètes nous fournissent dans un volume quelques beaux vers, des pièces curieuses qui arrêtent l'attention. Dans Partances, les faiblesses ordinaires font défaut; il n'y a rien qui détonne, mais un vol toujours égal, mais un chant toujours juste. C'est la marque de M. Auguste Dupouy de se maintenir ainsi, avec une perpétuelle maîtrise, dans les régions tempérées et douces.
E. Ledrain
LE TOMBEAU DE GUSTAVE TOUDOUZE
Le buste de Gustave Toudouze.
Au mois de juillet dernier, Gustave Toudouze, l'écrivain réputé de qui L'Illustration publia un des romans les plus remarqués, le Reboutou, mourait à cinquante-sept ans, en pleine force de labeur. Inhumé provisoirement à Paris, il a maintenant sa sépulture définitive au cimetière de l'Hay, près Bourg-la-Reine, où, suivant son voeu, il repose aux côtés de son père et de sa mère, née Adèle Colin, l'un architecte et aquafortiste distingué, l'autre aquarelliste de talent.
Hier, 19 mai, date anniversaire de la naissance du regretté Gustave Toudouze, une pieuse cérémonie réunissait ses amis autour du buste que viennent de faire placer sur sa tombe sa veuve et son fils, M. Georges Toudouze, notre confrère. Ce buste en bronze est l'oeuvre de M. Camille Alaphilippe, prix de Rome, un jeune statuaire d'avenir, qui a su rendre avec une saisissante fidélité le caractère expressif, composé tout ensemble de douceur et d'énergie, de finesse et de gravité, de cette noble figure de penseur, d'observateur et d'artiste.
LES THÉÂTRES
L'Opéra-Italien installé au théâtre Sarah-Bernhard fait littéralement fureur en ce moment. Le talent dramatique de M. Giordano, dans son opéra de Fedora, y est pour beaucoup; mais c'est surtout aux chanteurs que revient l'honneur de ces soirées triomphales, particulièrement au ténor Caruso et à Mlle Cavalieri.