La croix de l'hôpital, abattue par des inconnus dans la
nuit du 8 au 9 mai. Phot. Sauvadet.
Un camion de marchandises de l'usine Beaulieu escorté
par la gendarmerie. Phot. Peyclit.
Un des plus tristes incidents de cette longue grève de Limoges: après plusieurs jours de blocus dans l'usine où onze personnes, dont quatre enfants, se trouvaient enfermées et dans l'impossibilité de communiquer avec le dehors, le jeune Betoulle essaya de sortir pour aller chercher du lait destiné à ses petits frères; il fut frappé par les grévistes si brutalement qu'il eut deux côtes fracturées et il fallut ensuite l'intervention du maire pour que les assiégeants permissent à un médecin d'aller visiter l'enfant. M. Beaulieu, pour aller à l'hôtel de ville conférer avec les délégués des ouvriers, ne put d'ailleurs s'y rendre qu'en landau, sous la protection de la gendarmerie. Et ce n'est également que sous une escorte de gendarmes que les camions de marchandises ont pu, durant plusieurs jours, circuler entre l'usine assiégée et la gare.
L'empereur. Le statthalter. Phot. E. Jacobi.
INAUGURATION DU MONUMENT DE GRAVELOTTE PAR GUILLAUME II, LE 11 MAI.
L'inauguration, par l'empereur allemand, du monument élevé, à Gravelotte, à la mémoire des soldats tombés là pendant la guerre contre la France n'a point eu le caractère provocant à notre égard qu'on avait redouté de lui voir prendre. Tout s'est borné à une belle fête religieuse et militaire, dont la mise en scène était savamment ordonnée. Quand Guillaume II, en uniforme de général d'infanterie, bleu et noir, à parements rouges, eut pris place, en face d'un parterre d'uniformes, au pied de l'ange de la Fidélité, belle figure de bronze doré, rehaussée de pierreries, qu'il a donnée sur sa cassette personnelle, et à laquelle les oriflammes militaires, placées par l'empereur lui-même, formaient un fond très décoratif, le statthalter d'Alsace-Lorraine, prince de Hohenlohe, prononça une brève allocution sans aucun caractère belliqueux. Et ce fut le moment capital de la cérémonie. Des prières suivirent, mais l'empereur ne prononça pas une parole.
AU PAYS DE DON QUICHOTTE
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Le don Quichotte et le Sancho Pança d'aujourd'hui, à Argamasilla. |
Les moulins dans la plaine de Montiel. Depuis la publication d'un travail excellent consacré par le colonel Bory de Saint Vincent à l'Itinéraire de don Quichotte, on savait que l'admirable histoire contée par Cervantes présente cette particularité qu'on y trouve la peinture exacte des moeurs et de la physionomie de l'Espagne telles qu'elles sont encore aujourd'hui... C'est surtout dans la Manche et dans l'Andalousie qu'on reconnaît l'exactitude des portraits tracés à trois cents ans de distance sur des figures toujours reproduites; et l'aspect du pays est si bien resté le même qu'en y voyageant on s'étonne de |
ne pas rencontrer le chevalier de la Triste Figure et son jovial écuyer Sancho Pança. La célébration du troisième centenaire de l'apparition du livre impérissable de Cervantes a fourni à notre excellent confrère de Madrid, le Blanco y Negro, l'occasion d'établir d'une façon irréfutable, au moyen de la photographie, cette étonnante survie d'une race et d'un pays; on en jugera par les reproductions que nous mettons sous les yeux de nos lecteurs en les encadrant de quelques citations empruntées à la traduction française de Don Quichotte par M. Damas Hinard.