Tout cela est vif, alerte, pimpant, amusant même, encore bien qu'il s'en dégage toujours une idée de haute moralité. Il est impossible d'exprimer de façon plus ingénieuse de très vieilles vérités, de façon plus aimable des choses très graves, en un mot de pratiquer avec plus de maîtrise l'art difficile de charmer le lecteur en lui donnant à penser.

Edmond Frank.
Ont paru

Les Demi-Fous, roman par Michel Corday. Basquelle, 3 fr. 50.--L'Isolée, roman par René Bazin. Calmann-Lévy, 3 fr. 50.--L'Impossible Pardon, par Antoine Albulat. E. Petit, 3 fr. 50.--L'Art de vivre, par le docteur Toulouse. 1 vol., Fasquelle, 3 fr. 50. Cambrioleurs et Cambriolés, par E. Bailly. 1 vol., Lahure, 3 fr. 50.--Brimborion, par Jean Rameau. 1 vol., Ollendorff, 3 fr. 50.--La Halle des âmes, par Frédéric-Arthur Chassériau. 1 vol., Fasquelle, 3 fr. 50.--La Vie belge, par Camille Bemonnier. 1 vol., Fasquelle, 3 fr. 50.--Zigzags en France, par Henri Boland. 1 vol. in-16, Hachette, 4 fr.--En zigzag de Singapour à Moscou, par Jean de Nettancourt-Vaubecourt. 1 vol. in-16, Plon-Nourrit et Cie, 3 fr. 50.--Waldech-Rousseau, par Gaston Deschamps. 1 vol., Basquelle, 3 fr. 50.--Femme de lettres, par Mary Bloran. 1 vol. in-16, Hachette, 3 fr. 50.--L'Idéalisme contemporain, par Brunschvigg. 1 vol. in-16, Alcan, 2 fr. 50.

DOCUMENTS et INFORMATIONS

L'amiral John-Paul Jones.

L'amiral John-Paul Jones, d'après une médaille et des
gravures de l'époque (1775-1779).

Il dormait, depuis plus d'un siècle, au fond d'un cimetière abandonné de Paris, dans un cercueil de chêne et de plomb, cet impétueux marin, qu'on aurait pu appeler «cette tempête» comme Charles XII, ce hardi corsaire qui fit trembler la flotte britannique et qu'on appelait Paul Jones.

Écossais d'origine, il avait pris du service en Amérique en 1775 et s'était signalé pendant la guerre de l'Indépendance par des exploits légendaires. Ainsi, en 1779, il lança, avec une témérité folle, la légère frégate qu'il montait contre un des plus formidables vaisseaux de la marine britannique, s'accrocha à ses flancs et le força à amener son pavillon. Voici encore son portrait à bord du vaisseau qu'il commande: le Bonhomme-Richard, au moment où il vient d'enlever la frégate la Sérapis. A la suite de cette expédition, il vint en France où on lui fit un accueil enthousiaste. Louis XV lui fit don d'une épée, ornée d'une dédicace flatteuse et pompeuse. En 1781, le Congrès de Philadelphie lui décerna une médaille d'or frappée à son effigie, que nous reproduisons ci-dessus.

Mais là devait s'arrêter sa fortune. Après un séjour à l'étranger, il revint à Paris, mais il passa inaperçu: la tourmente révolutionnaire battait son plein. Il mourut pauvre, dans une petite chambre de la rue de Tournon, en 1792.