L'incendie, dans ces conditions, se développa en un clin d'oil. Un des projecteurs électriques du Potemkine promenait dans la nuit limpide son blême faisceau, se posait un moment sur un point, où la flamme rouge aussitôt s'allumait, comme au contact de cette froide et puissante lumière; la lueur électrique traçait alors sur l'horizon un ou deux cercles, s'éparpillait un moment sur le ciel pur, glissait sur la mer calme et s'arrêtait encore sur un bâtiment, un dock, un bureau, qui flambait à son tour. Le viaduc de bois de la ligne des quais, qui s'embrasa, formait en avant du tout comme une digue de feu.
Vue de la place du Sobor (cathédrale d'Odessa), occupée par la troupe, pendant l'état de siège.--Des ouvriers couvreurs travaillent, malgré les événements, sur les toits de l'église.
--Phot. Byelozerkovsek.
Plan d'Odessa et carte de la mer Noire avec l'itinéraire du Kniaz-Potemkine.
Le Kniaz-Potemkine-Tauritchesski à Constantza.
Par bonheur pour le reste de la ville, il n'y avait pas un souffle d'air. Les flammes montaient droites, comme dans un âtre, et les flammèches planaient longtemps avant de redescendre, lentes comme les étincelles d'un bouquet d'artifice dans une fête d'été.
Sur les bassins, où l'on avait jeté des barils vides, on répandit du pétrole.
Les navires, à leur tour, s'embrasèrent en crépitant!