Il eut à son tour huit enfants, dont l'aîné, Elie-Sulpice-Théodore, fut père du peintre. Un autre des fils de Samuel-Elie, Jean-Baptiste-Eugène, né le 25 août 1811 et décédé le 28 mars 1893, entra dans les ordres et fut successivement vicaire, puis curé à Rochefort (1846) et se distingua pendant une épidémie de choléra. Il fut nommé chanoine honoraire en 1860. Ce fut lui, comme on sait, qui éleva M. William Bouguereau. Mais la mère de l'artiste, née Marie-Marguerite Bonnin, qui mourut à Paris en 1896, à l'âge de quatre-vingt-dix ans, était protestante.
Comme toutes les bonnes vieilles familles bourgeoises, les Bouguereau ont des armoiries; ils portent: d'azur à une croix d'or chargée de cinq roses de gueules. Ce blason figure au Cabinet des titres, 399. Bibliothèque nationale, Charles d'Hozier, manuscrit 56, pages 277-278.
DEUX KRACHS SUCRIERS
Plaquette qui fut offerte, le 26 octobre 1901, à M. Ernest Cronier,
«à l'apogée de sa carrière industrielle», par la Société Say et le personnel
des raffineries et sucreries.
La crise des magasins du Printemps, qui avait eu sa cause première dans les spéculations malheureuses sur les sucres faites par M. Jules Jaluzot, vient de se dénouer heureusement. Lundi dernier, l'assemblée générale des actionnaires, réunie à la salle des Ingénieurs civils, rue Blanche, a reçu et accepté la démission donnée par M. Jules Jaluzot de ses fonctions de gérant statutaire de la Société; elle lui a accordé quitus de sa gestion. Enfin, elle a élu comme gérant, à sa place, M. Gustave Laguionie, de la maison Laguionie et Anfrie, membre de la Chambre de commerce de Paris. M. Laguionie est essentiellement ce qu'on appelle un fils de ses oeuvres. Né à Lanouaille (Dordogne), il a conquis de haute lutte, à force de travail et d'énergie, la grosse situation commerciale qu'il occupe. Il avait déjà fait partie du personnel du Printemps. Il y débutait comme petit employé en 1866. Rapidement, il était devenu chef de rayon à la soierie, puis, en fin de compte, fondé de pouvoir de M. Jaluzot. En 1883, il s'était associé à une grande maison de soieries qui devint par la suite la maison G. Laguionie et A. Anfrie.
M. Laguionie, le nouveau directeur du
Printemps.
Ce même jour où la perte de M. Jaluzot était consommée on apprenait que la spéculation venait de faire une nouvelle victime,--et il n'est malheureusement pas certain que ce soit la dernière!
Dans la nuit de samedi à dimanche, M. Ernest Cronier, président du conseil d'administration de la Raffinerie Say, se tuait dans son cabinet de toilette, d'une balle au coeur, après avoir, tant il était décidé à mourir, absorbé du cyanure de potassium.