En 1814, Blucher et Schwarzenberg, poursuivant Napoléon, envahirent la France par les vallées de l'Aube, de la Marne et de la Seine.

En 1815, l'armée anglo-prussienne de Wellington, Blucher et Bulow, venant de Waterloo, se dirigea vers Paris par les vallées de l'Escaut, de l'Oise et de l'Aisne.

En 1870, les armées du prince Frédéric-Charles et du Prince Royal purent, après les journées de Sedan et de Metz, atteindre la capitale, sans coup férir, en suivant le cours de tous les affluents de la Seine.

On est en droit de dire que les manoeuvres françaises étaient la répétition, sur une plus vaste échelle, de la campagne désormais fameuse de 1792, où fut battu Brunswick, et où s'immortalisèrent Kellermann et Dumouriez.

En Allemagne: concentration du 8e corps (plus la 25e
brigade de Munster): à Coblentz; du 18e corps (plus
la 28e division de Carlsruhe): à Hambourg.

GRANDES MANOEUVRES ALLEMANDES

Après une revue du 8e corps à Coblentz et du 18e à Hambourg par l'empereur, les manoeuvres allemandes ont commencé le 12 septembre entre le corps d'armée national (8e corps) et l'ennemi (18e corps). Elles ont duré quatre jours. Le 8e corps mettait en ligne 6 brigades d'infanterie ou 12 régiments, 2 brigades de cavalerie ou 4 régiments, et 2 brigades d'artillerie ou 24 pièces. Le 18e corps, accru de la 28e division (55e et 56e brigade d'infanterie) lui opposait 6 brigades ou 12 régiments, 3 brigades de cavalerie ou 6 régiments, 3 brigades d'artillerie ou 34 pièces. La supériorité du 18e corps en cavalerie et artillerie lui a valu la victoire hypothétique. L'hypothèse stratégique mise en avant par le grand état-major allemand était l'exacte contre-partie de celle qu'avait adoptée l'état-major français:

Une armée française venant des environs de Nancy a franchi la frontière allemande, s'est engagée dans ce qu'on appelle la trouée de Sarrebruok, c'est-à-dire dans le couloir assez large compris entre les forteresses de Metz et de Strasbourg, entre les Vosges et leur prolongement, le Hardt d'un côté, et de l'autre le Hunsruck. Elle franchit sans encombre le plateau d'Alzey et assiège Mayence. Poursuivant sa route, le long du Mein, entre le Taunus et l'Odenwald, elle va pénétrer dans la Hesse ou la Franconie, quand une armée nationale, se concentrant à Marbourg, détache en avant vers Coblentz un ou plusieurs corps d'armée, avec mission de franchir le Rhin et de tomber sur les derrières de l'armée d'invasion dont une fraction assiège Mayence. Mais l'envahisseur a prévu le danger. Arrêtant un moment sa marche, il dépêche son aile gauche, à travers les contreforts du Taunus, attaquer de flanc l'avant-garde de l'armée allemande détachée vers Coblentz. Notre carte IV montre très exactement la double direction suivie inversement par les deux avant-gardes, ainsi que les manoeuvres fictives ou réelles auxquelles ce thème a donné lieu.