Au théâtre, cet hiver, la mode est au suicide. M. Gandillot débattait le mois dernier par une noyade, au théâtre Antoine; au Gymnase, M. Bernstein a préféré que son héros se fît sauter la cervelle; M. Henry Bataille, au Vaudeville, a eu recours à la même bruyante solution; et l'on nous annonce d'autres drames prochains, que d'autres suicides termineront.

Le théâtre aimable--la pièce qui «finit bien»--commençait à nous ennuyer un peu; nous nous sommes hâtés d'y substituer du théâtre horrifique, du drame noir, un peu sanglant; et voilà les Parisiennes ravies. Pas pour longtemps. Elles se plaindront bientôt d'avoir trop pleuré, trop frémi; l'odeur de la poudre les dégoûtera. Alors reparaîtra Capus; et, de nouveau, pendant un hiver ou deux, il sera formellement admis que la vie est belle, et que «tout s'arrange»...
Sonia.

NOTES ET IMPRESSIONS

L'indépendance de l'âme fonde celle des États. Mme de Staël.

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La pleine liberté de la presse a tué l'art de savoir tout dire dans le temps où il n'est permis de rien dire du tout. Le grand air fait du mal aux fleurs de serre. Ernest Lavisse.

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Les événements sont des juges qui font payer très cher leurs sentences; la justice de l'histoire est la plus coûteuse de toutes les justices. Valbert.

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Il ne faut jamais trop parler du bonheur, on l'effarouche. M. DE COMISELLE.