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On pardonne beaucoup aux illusions qui consolent, quand on est aux prises avec les réalités qui ne consolent pas.
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Certaines âmes délicates redoutent les fêtes qui célèbrent les dates heureuses de notre passé, comme si elles nous dénonçaient au malheur qui nous oublie. G.-M. Valtour.
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Le président, le roi et les invités se rendant au lieu de chasse; dans le domaine royal de Rio-Frio. |
A la chasse aux perdreaux dans la Casa del Carapo. Alphonse XIII: «C'est moi qui les ai tués!» |
Alphonse XIII et son porte-fusil.
Pendant les dernières journées du séjour de M. Loubet en Espagne, le programme a fait la part belle à l'élément sportif. C'est ainsi qu'il y eut consécutivement deux chasses, et ce ne fut pas trop au gré du souverain et de son hôte, étant donné leur goût personnel prononcé pour ce passe-temps favori de la plupart des chefs d'État. La première, une chasse à la grosse bête, eut lieu le mercredi 25, sous la direction du comte de San-Roman, grand veneur, dans le domaine royal de Rio-Frio, situé à trois heures de chemin de fer de, Madrid, et dont les tirés abondent en cerfs, daims et chevreuils. Les chasseurs, divisés en groupes de deux ou trois, étaient placés derrière des abris, de manière à pouvoir viser tranquillement les pièces de choix parmi le gibier que poussaient devant eux une centaine de rabatteurs. Le jeudi 26, le roi et le président, accompagné encore, de M. Paul Loubet, son fils aîné, employaient leur matinée à chasser le lapin et le perdreau dans la Casa del Campo, autre parc royal, mais voisin, celui-là, du palais de Madrid. Ajoutons que, la veille, à la suite de la chasse, Alphonse XIII, plein d'un entrain juvénile, avait improvisé une excursion au château de la Granja et à Ségovie, conduisant lui-même d'une main sûre l'automobile où il emportait son illustre visiteur.