Une des personnalités les plus marquantes et les plus sympathiques de Pékin: le général Munthe, aide de camp du président Yuan Chi Kaï. C'est un Norvégien établi en Chine depuis plus de vingt ans, très ami des Français qui ont souvent recours à sa bienveillante intervention auprès des autorités chinoises pour aplanir les obstacles, tourner les difficultés, dénouer les conflits, adoucir les heurts, réparer les gaffes, toutes choses fréquentes et inévitables dans les relations si compliquées entre Chinois et Européens.
L'inauguration de l'Assemblée nationale à Pékin, en avril
1912: au centre, le président Yuan Chi Kaï.
Le général Munthe est fort occupé.
Il est officier de notre Légion d'honneur et en est très fier.
Pour ma part, je lui ai fait perdre pas mal de temps, car c'est grâce à lui que j'ai pu approcher les hommes politiques dont je vous envoie les portraits. La légation, étant tenue à une certaine réserve dans ses relations avec le nouveau gouvernement qui n'est pas encore officiellement reconnu par les puissances, a été puissamment aidée dans ses démarches par cet homme si obligeant.
Les petits amis chinois d'un jeune Français de 6 ans, fils de M. Barraud.
Parmi les résidants européens, Français ou autres, ayant subi l'emprise, la sinite, deux anciens diplomates, M. Véroudart et M. d'Almeïda, sont devenus peu à peu de fervents collectionneurs. Ils sont, chacun dans son genre, des experts très autorisés en matière de curiosités et d'objets d'art chinois. Ils font, de temps à autre, dans l'intérieur de l'empire, des expéditions (pas toujours sans danger) pour chasser la pièce rare, le bronze ancien, la vieille peinture, le meuble ou la porcelaine, la pierre gravée, qui leur ont été signalés. Les joies de la réussite leur sont douces et c'est avec un légitime orgueil qu'au retour ils laissent admirer à quelques privilégiés leur butin artistique, souvent fort difficilement acquis.
Telle belle pièce que vous pouvez contempler aux vitrines des marchands en renom, à Paris, ou dans nos musées, a été dénichée, conquise, au prix de quels efforts, parfois! par l'un ou l'autre de ces amateurs passionnés, qui ne se séparent ensuite qu'avec regret des ouvres d'art tant aimées mais si coûteuses; car c'est une erreur de croire que les Chinois vendent à vil prix leurs belles choses, auxquelles ils tiennent beaucoup et qu'ils apprécient fort.