«Avis! La Marée monte... La côte de... sera vraisemblablement atteinte le... Prière d'assurer d'urgence l'exécution du règlement préfectoral»!... Ceci est une scène de la crue, une scène de ces derniers jours, saisie toute vivante, toute simple et toute vraie, par le crayon de notre collaborateur L. Sabattier, dans un village de la grande banlieue parisienne. Si vous ne voyez point la Marne, c'est qu'elle n'est pas encore venue visiter les maisons comme il y a trois ans. Mais vous la devinez tout près, à 50 mètres de là, au bas du chemin de l'église, roulant ses eaux enflées et troubles. Au reste, déjà, vous sentez «l'eau» qui enveloppe et pénètre ce paysage mouillé, alourdit les dernières feuilles mortes des arbustes et empâte le sol sous les socs des vieilles femmes... La rivière, une fois encore, menace de sortir de son lit. Le tambour communal, entre deux sonores roulements de caisse, vient de lire aux cinq ou six commères, seules oisives à cette heure du jour, l'avis de l'administration. Un homme qui passe se tourne à demi, maussade. L'eau encore! Toujours l'eau! Quel ennui! Mais on ne se frappe pas davantage. On ne croit guère, chez nous, au retour des désastres anciens ou récents. Et puis le crieur de la mairie, un brave gars si calme, un brin faraud, ne vous a pas une tête à faire venir les catastrophes... Seule, une petite fille amenée là s'effraie un peu de quelque réflexion entendue et met une menotte devant ses yeux comme pour chasser la vision de cette eau envahissante qui, l'autre fois, lors de la fameuse inondation--dont se souviennent ses six ans--lui a fait sa première grande peur.

PRÉSIDENT DE RÉPUBLIQUE RECEVANT LE SERMENT D'UN NOUVEAU MINISTRE.
--C'est au Pérou: le ministre de l'Intérieur, M. Montez, s'est agenouillé devant le chef de l'État, M. Guillermo Billinghurst.

--Phot. G. Robbiano.

La République du Pérou, qui compte parmi les plus anciennes, puisque sa constitution date de 1856, n'est pas celle où sont le plus strictement observées les règles de la simplicité démocratique: la photographie que nous reproduisons à cette page en fait foi. C'était, il y a quelques semaines, à Lima, dans un des salons de la présidence; entouré des membres du gouvernement et du personnel, civil et militaire, de sa maison, le chef de l'État, M. Guillermo Billinghurst, élu pour quatre ans, au mois de septembre dernier, en remplacement de M. Leguia, devait y recevoir, pour lui donner une sorte d'investiture officielle, son nouveau ministre de l'Intérieur, M. Montez. La tradition veut qu'à son entrée en fonctions chaque titulaire d'un portefeuille se présente au président de la République et lui promette solennellement ses loyaux services: M. Montez s'agenouilla, suivant l'étiquette, devant la table recouverte de drap sombre derrière laquelle se tenait, debout, M. Billinghurst, et remit entre ses mains la feuille où il avait inscrit la formule du serment. Nulle coutume ne pouvait mieux symboliser sans doute le respect que les ministres péruviens doivent au plus haut magistrat de leur pays.

Entre ce cérémonial de cour--le fauteuil présidentiel n'est-il pas doré comme un trône?--et la sobre tenue des deux personnages, en habit, et des spectateurs de cette scène, dont quelques-uns ont arboré le simple veston, le contraste apparaîtra savoureux: les usages des peuples lointains nous inspirent souvent un peu de cette surprise amusée qu'avait, en visitant Paris, le bon Usbek des Lettres persanes.

DEVANT LA SUBLIME-PORTE: LA MANIFESTATION JEUNE-TURQUE
QUI A RENVERSÉ, LE 23 JANVIER, LE GOUVERNEMENT DE KIAMIL PACHA.
Enver bey, qui a préparé et exécuté le coup d'État, revient en auto du Palais impérial, rapportant le firman qui enregistre la démission de Kiamil pacha et élève Mahmoud Chefket pacha au grand vizirat.

Photographie Behaeddin Rahmizadé cédée exclusivement à L'Illustration.--Droits réservés.
Voir l'article, pages 80 et 81.

Blanche Virieu (Mlle Marcelle Lender). La princesse (Mlle de Pouzols). Charlotte Alzette (Mlle Spinelly). Steinbacher (M. Signoret). Lucienne David (Mlle Barelly). Lehelloy (M. Garry). Jeanne (Mlle Dorziat).
LES «ÉCLAIREUSES», DE M. MAURICE DONNAY Dans un salon de l'«École féministe» qu'elles ont fondée, les Eclaireuses de France sont groupées autour de la princesse-poète récitant une de ses oeuvres.
Dessin de J. Simont.--Voir l'article aux pages suivantes.